18 novembre 2007

Vive la grève !




Salauds de grévistes
L'autre jour, sur le quai de St-Lazare, j'ai attendu vainement un métro pendant plus d'une heure. Salauds de grévistes. Heureusement, comme je fais un boulot de riche, j'ai pris un taxi (remboursé par mon employeur) pour aller à la Plaine St-Denis. Mais je suis revenu à pied : deux heures et quart de plaisir.

Gymnase Club
Au moins les Franciliens, ils vont être en forme : vélib, pédibus, patins à rouler, planches à surfer, trottinettes, scooters, mobylettes (si, ça existe encore !). De quoi se plaignent-ils ? Moins cher que le Gymnase Club ! C'était émouvant, ce Paris grouillant dans le froid…

Pris en otage
Ces gens-là sont "pris en otages". Refrain très tendance. C'est vrai, quoi : je peux même pas aller me faire exploiter pour un salaire minable et même pas les avantages de ces privilégiés de cheminots.
Je propose que tous ceux qui s'opposent à la grève renoncent aux avantages éventuellement acquis par les négociations. Vive "l'équité". Il faut être réaliste, et attendre que le gouvernement ou les patrons songent eux-mêmes : "Zut alors, ces gens-là ne gagnent pas assez", ou encore "Ils n'ont pas assez d'avantages". On ne sait jamais. L'Histoire nous montre que ce ne sont pas les luttes ouvrières qui ont permis d'abolir le travail des enfants dans les mines ou les 50 h hebdomadaires, ou le travail le samedi, mais bien la mansuétude patronale !

Soyons réalistes
Et puis soyons réalistes : vu l'allongement de la durée de, vu les statuts du, vu l'assistance des, vu les avantages qu'on a donnés aux riches, faut pas déconner. Il paraît que le coût des dits régimes spéciaux (salauds !) ne représente pas la moitié du coût de la réforme fiscale…
Mais comment a fait la France (ruinée) au sortir de la guerre pour consentir tous ces avantages au peuple : Sécurité sociale, comités d'entreprise, nationalisation du gaz, de l'électricité, des crédits, création du Smig, semaine de 40 h, etc ? Ne me dites quand même pas qu'on privilégiait le projet social à la logique comptable ?
Mais alors : pourquoi les Trente Glorieuses ?

"Y a des questions que j'me pose,

Des questions que j'me pose"

(San Severino, in
œuvres complètes)

Oui mais d'accord mais oui bon
Chers amis, nous préférerions, comme vous, des modes de protestation alternatifs : faire voyager les voyageurs gratuitement, manifs, numéros de clowns dans les gares joués par les contrôleurs et les guichetiers, etc. Mais il paraît que la loi n'autorise que la grève, et à ce jour aucun député n'a pensé à déposer une proposition de loi dans ce sens. Alors qu'est-ce que tu veux faire ?

Opinion publique
Selon les sondages, les gens sont majoritairement défavorables au mouvement (et au maintien des régimes machin). J'adore. Relativisons tout de même la pertinence d'analyse de l'opinion publique : comme je le rappelais ici-même, si on avait fait un référendum en 1940, la majorité des Français se seraient prononcés pour Pétain…

Casting
Excellent casting en ce qui concerne Xavier Bertrand, ministre de. Je regardais tout-à-l'heure un débat avec icelui, je le trouve parfait : bonne tête ronde et sympa, des attitudes simples et ouvertes, on lui donnerait le Sarkozy sans confession. D'ailleurs, ils vont bien être obligés de le lui donner.
Ah vraiment, comme disait Philippe Meyer, nous vivons une époque moderne !

Je continue à vous aimer, bande de non-privilégiés (si j'exclus les enseignants, les médecins, les travailleurs sociaux, les intermittents du spectacle, les commerçants, les chefs d'entreprise, les rmistes, les agents de l'Edf, les resquilleurs du fisc et les bibliothécaires).

Et n'oubliez jamais :
Le démagogue a plongé plus de six mois dans la foule !

(merci Joël Martin, La Bible du Contrepet)

PS : Merci aux propriétaires des genoux prêtés pour ma photo


7 commentaires:

  1. Très jolie photo.

    à part ça, le plus drôle, c'est quand le ministre et sa bonne mine parle du "rendez-vous de 2008". Mais de quoi parle-t-il au juste ? Une prochaine réforme déjà dans les cartons dont on ose pas trop parler avant les élections municipales ?

    JR

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  2. "L'Histoire nous montre que ce ne sont pas les luttes ouvrières qui ont permis d'abolir le travail des enfants dans les mines ou les 50 h hebdomadaires, ou le travail le samedi, mais bien la mansuétude patronale !"

    Là, mon cher [Justin], tu as bu un coup de trop la veille! Ou bien c'est moi qui n'ai pas mesuré le second degré... Je suis tout de même Belge, le second degré ça me connaît! La mansuétude patronale s'est tout simplement manifestée parce qu'elle a pris un jour la mesure de l'existence d'un monde ouvrier jusque là aphone. C'est la prise en compte d'un autre dans son humanité qui permet de se dire, comme dans un effet miroir, qu'après tout, puisqu'il me ressemble, il a raison de revendiquer des droits. Pour arriver à une telle conclusion, il fallait plus qu'un petit pet des dits ouvriers!
    Grosses bise d'un pays à feu et à sang
    Martin

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  3. Tu me troues : je croyais que les Belges avaient de l'humour ; mais il est vrai qu'ils ne sont pas encore Anglais.

    Cela dit, ton explication psychologisante de la "prise en compte de l'autre" me semble parfaitement à côté de la plaque, et tu ferais mieux de revenir aux fondamentaux marxistes, ce has-been dépassé : "C'est parce que je risque de perdre du pognon (là, je t'autorise tous les délires sur l'analité de la chose) que je cède quelques miettes à la populasse (qui reste par nature vouée à une condition inférieure). Seule l'institution d'un rapport de forces permet de trouver l'oreille des pouvoirs (autre délire psy possible sur la question)…

    Comme j'aime bien cet échange de vues, je le balance sur le blog avec ton accord.

    Bisou

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  4. Pour essayer d'atteindre de troisième degré, en synonyme de mansuétude je propose "longanimité". La définition (selon le centre national de ressources textuelles et lexicale) est "Patience dont fait preuve celui qui a le pouvoir de faire cesser ce qui lui déplaît."

    C'est beau, non ?

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  5. Si en plus vous commencez à citer Sanseverino je vais vraiment craquer !
    Une enseignante non privilégiée et pas aimée...j'espère au 2ème degré, ou de force :p
    Anne

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  6. Concernant Xavier Bertrand, à part critiquer la forme, peux-tu développer ce qui te gêne dans le fond du discours ? Argumenter un minimum ?

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  7. @ gryzorz

    Je n'ai rien contre l'argumentaire de Xavier Bertrand : il est dans la logique comptable en vigueur. Je viens d'un autre monde où l'on avait envie de compenser les injustices de la nature et à chercher plutôt les privilèges là où ils sont vraiment. Or je ne sache pas (comme on dit) que les régimes spéciaux (comme on dit) soient l'origine des maux dont souffre notre beau pays. On sait maintenant que grâce à des tours de passe-passe sur les systèmes de calcul, on n'a pas grosso modo touché à ces "honteux privilèges". Et qu'en outre, on n'a pas du tout touché non plus à celui des militaires ni des députés, par exemple. Tout est question d'apparence et de com. Et notre Xavier est un excellent communicateur, c'est tout.

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A vous de jouer !