04 septembre 2013

Ce qui reste de l'été


Salut à toi, fidèle ami de la Mie tout chargé encore 
de brûlures apolliniennes, 
de souvenirs exquis des concours de t-shirts mouillés, 
de barbecues collés, de pastis, 
de boules, de balles, de bulles, de musique électronique, 
de rateaux lamentables avec la voisine de caravane, 
— non : de crépuscules exquis sur une cantate de Bach, de crapulosités sublimes sous la moustiquaire, de dauphins rieurs le long de l'étrave, d'envolées mongoles et fières ! 
Affûte tes cartables, cire tes crayons neufs, 
protège tes protège-cahiers, 
v'là le chagrin qui revient !

Mais avant la fin de l'été, sur la pla-a-geu, 
que reste-t-il de nos périples ?





1. Divertissement

Ubu chez les ploucs

En juillet, j'ai vu une fort savoureuse version d'Ubu-Roi (en hongrois !). Plus tard, j'ai emprunté moult routes et chemins fort avancés sur la question de l'emmerdement maximum. Je crois donc pouvoir restituer sans trop d'erreurs une petite clochemerlienne séance du

CONSEIL MUNICIPAL DE JOUY-SUR-YVONNE 
(OU DE CLOCHECIGRUE-SUR-MÉZIGUES, OU DE LUTÈCE-SUR-BÉBERT) :


Le Maire Ubu :
Mairdre !  
De par ma chandelle rubiconde, je crois qu'il serait temps de moderniser fissa la traversée voiturienne de ce patelin de palotins !

Ladislas, le pharmacien :
Ouaiche ouaiche  ! Je propose deux nouveaux ralentissoirs casse-burnes…

Bougrelas, le banquier du Crédit Général :
Avec bouzilleurs de directation, fissuration de ventilage et défonçoir de longes !

Bordure, le garagiste :
On trouve maintenant de très beaux modèles venus de Pologne…

Venceslas, l'instituteur :
Mais nous avons déjà concassé soixante-sept amortisseurs et trente-trois peuneux !

Stanislas, le notaire :
C'est qu'ils allaient trop vite. Certains dépassaient le 34 à l'heure !

Le Maire Ubu
Mairdre ! Alors ils méritent la Machine à Dépointer la license! Qu'on me passe le crochet à tourisses !

Ladislas, le pharmacien :
Je propose trois feux rouges ! 

Mère Ubu, femme du Maire :
Aaah… Aaah… Mmmm…

Venceslas :
Encore ? Mais nous n'avons que deux croisements ! Avec des routes qui ne mènent nulle part !

Le Maire Ubu :
Justement ! Deux stops sur la route principale ! Cinq ralentissoirs ! Trois feux rouges et des emprises fleuries au milieu d'icelle ! De par ma cire molle, nous allons être les rois à faire chier le pays tout entier ! Et l'Aragon ! Et l'Orient ! J'ai été à Paris, moi !

Mère Ubu :
Mmmm… Aaah…

Le Maire Ubu :
Ah, Mère Ubu, si tu continues à pignasser, je te mets dans la trappe à Administrés !

Ladislas :
Peauffinons avecque deux zones limitées à 30 éthylomètres à sablier ! Et houit caméras à dézapper le chaland !! 

Stanislas, le notaire :
Avec les barrières le long de la Vistule, les poteaux anti-parquage et nos sept rond-points, nous serons les Plus-plus Emmerdeurs Hénaurmes ! 
Vive le Maire Ubu ! 

Tous :
Vive le Maire Ubu !

Mère Ubu :
Arrgh !… Arrêtez, je suis à l'acmé !

(Moralité subsidiaire : Sur la mère, l'acmé)







2. Khulture

Avignon 2013

Cette année, on n'aura pas été bouleversé par le programme in. Pourtant, on a fait des pieds et des mains, pour une fois : car dès le lendemain de l'ouverture du site internet, presque tous les spectacles avaient fait le plein !! 
Sur les six que j'ai vus, j'en retiens un seul, absolument inattendu, intelligent et drôle, à ne pas rater s'il passe par chez vous : 
Germinal
Rien à voir avec Zola. Les personnages partent de rien et aboutissent au néant ! Mais entre les deux il y a toute l'histoire de l'Humanité, et en particulier de la communication. Nommer le monde, prendre des repères essentiels (par exemple : les objets qui font "ploc" et les objets qui ne font pas "ploc", et encore, ceux qui ne font "que ploc, sinon rien", "ceux qui parfois peuvent faire ploc quand même", etc.)… Le pire, c'est que c'est constamment drôle mais au fond pas du tout farfelu, car on y parle de l'apprentissage, du langage, des autres, de la peur, de l'illusion fusionnelle, de la finitude, avec ces drôles de parallélépipèdes-rectangles qui médiatisent aujourd'hui tout notre rapport à l'existant.

Pour le même prix, allez, je rajoute le spectacle d'Angelica Liddell : Ping Pang Qiu, découvert par hasard sur l'Ile de la Barthelasse, pour six fois moins cher que dans le cadre officiel : Rouge, couillu, créatif, provocateur. L'amour de la Chine ? Quelle Chine, exactement ? A un moment, les acteurs reprennent la "chorégraphie" de l'étudiant aux sacs devant les chars de la place Tien An Men en 1989. Et Angelica Liddell se met en jeu dans ce jeu de massacre…

J'allais quand même oublier Sophie Calle. Cette fois, on visitait sa chambre (avec elle dedans), à l'hôtel Mirande, avec plein de petits papiers partout qui racontaient sa vie, comme une série de nouvelles. Il est vrai que cette artiste que j'aime bien a le don de transformer en… art ce qu'elle vit !

Dans le Off, on s'attend moins à être saisi par des chocs artistiques foudroyants. Il y eut pourtant de très belles surprises. Par exemple le Sacco et Vanzetti d'Alain Guyard, mis en scène par François Bourcier, avec Dau et Catella en vrais comédiens. De la fabrication de boucs émissaires, bien commodes pour faire avaler des lois liberticides : était-ce bien dans les années 20 ?!  La mise en scène, très maline et économe, est un modèle à montrer aux apprentis-metteurs.

Et puis des Allemands au Chêne Noir : Hôtel Paradiso, création collective pour marionnettes humaines : "humour noir pour un drôle de cauchemar dans les Alpes" (programme). Savoureux et déjanté !


(Poupées d'Avignon)


(Dans une église de Paris 12e)



3. Mœurs

Les mecs et les nanas, 
ça monte et ça descend, 
vous ne trouvez pas ?

Avez-vous remarqué qu'à mesure que les jeunes gens modernes ont le futal qui leur tombe sur les burnes, découvrant la marque de leur calbute de marque, les gonzesses pendant ce temps ont la jupette de plus en plus scélérate, et grimpent sur des talons incommensurables, ce qui d'après Momo fera dans dix ans la fortune des kinés, et participe en attendant à la pouffiassisation généralisée de la gent féminine ?
Ça monte d'un côté, ça descend de l'autre : rien que de très logique, au fond.





(A Paris-plage : attention au copyright.)





Conclusion (lettrée)

Je vous souhaite la rentrée la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus digne d'envie.
Comme disait Mme de Sévigné, naturellement.

Et surtout, pour l'année prochaine :

Evitez les sites des Baux !











2 commentaires:

  1. Justin, toi t'es bien parti pour la rentrée !
    Là, franchement, t'es génial.
    J'ai de quoi sourire pour la journée et peut-être même tout le week-end !

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  2. Ah ! Ce bel été, l'été où est-il ? Tout fout l'camp, mon bon Justin,
    et la Berthe a l'sourire en lisant tes aventures ......

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A vous de jouer !