17 janvier 2008

Giacometti : sa peine pâle soûla Soutine





























Comme on me reproche parfois de n'être trop souvent ici qu'un sinistre atrabilaire, j'ai décidé de vous livrer cette fois-ci du positif et du poilant.
Vous n'échapperez point pour commencer au traditionnel bêtisier de l'année écoulée…

Le Grand Bêtisier 2007
(vous allez rire) :

— C'est Ségolène Royal qui est désignée pour représenter le PS aux élections présidentielles !!!
— Nicolas Sarkozy est élu président de la République…
— Les privilégiés, responsables de la faillite de la France, ne sont ni à Neuilly ni en Suisse, mais dans les gares…
— Jacques Attali, grand expert de la nation, recommande pour faire baisser les prix… de favoriser encore l'implantation des grandes surfaces !
— Not' président tombe amoureux d'un ex-mannequin et décide de se marier dans les semaines qui suivent…

Tiens, à propos, Carla offre des Rolex à son homme, mais elle a une frangine assez géniale, Valéria Bruni-Tedeschi, dont le premier film s'appelait "IL EST PLUS FACILE POUR UN CHAMEAU…" fondé sur une parole des évangiles (Mt 19, 24, Lc 18, etc.), "Il est plus facile à un chameau de passer par le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au royaume des cieux", thème du film, donc : comment peut-on être riche sans culpabilité ?

Petites gourmandises
plus ou moins frugales


CELUI QUI FAISAIT DES TRUCS TOUT MAIG'S :
L'ATELIER DE GIACOMETTI À POMPIDOU 

L'expo de 2001 (les dessins), à force de râcler les fonds de tiroir, donnait trop à voir et pas toujours du plus passionnant.
Mais aujourd'hui c'est autre chose : le parcours proposé permet une belle rencontre avec toutes les facettes de l'un des artistes les plus importants du XXe siècle. Depuis les portraits que faisait de lui enfant son peintre de père, aux silhouettes minimalistes qu'on connaît, en passant par ses copies de maîtres, ses périodes cubiste et surréaliste, les photographies, la reconstitution d'un coin d'atelier… Peu de panneaux pédagogiques : on est plutôt dans l'immersion, fascinés par cette étrange et parfois glaçante vision du monde, étonnés notamment par ses productions d'avant-guerre.
C'est que les artistes de ce temps-là, monsieur, avant de dézinguer le réel avec leur prisme perso (je t'en foutrais, moi !) étaient passés par l'humble et académique apprentissage du métier… Et que ce nécessaire passage (à 16 ans, Picasso peignait comme Vélasquez) leur donne pour moi la légitimité d'en "découdre" avec l'art de leur temps. (Foudiou, quelle phrase ! Je me surprends toujours, moi)
Bref, les conceptuels ignorants pourraient aller prendre des leçons devant "l'Objet invisible" (1934), "Le Nez" (1947-1965) ou quelques silhouettes microscopiques et en faire leur miel…
Et vous, mes fidèles abonnés qui passez par Paris, y aller aussi jeter un œil avant le 11 février.

ÇUI QUI PEIGNAIT DES BŒUFS ÉCORCHÉS :
SOUTINE

Pendant que vous y serez, passez donc place de la Madeleine, après avoir acheté vot' caviar chez Fauchon, c'est juste à côté. Mélangez Chagall, Van Gogh et Edvard Munch (une pincée de Bacon), secouez, ouvrez les yeux : il y a des merveilles chez ce Soutine-là. Attention, c'est fort.

PAR ÇUI QU'A FAIT LE FILM "L'ESQUIVE" :
LA GRAINE ET LE MULET

Comme dit Sab : "Mais qu'est-ce qu'il leur est arrivé, aux critiques ?"
Une histoire de bons sentiments ?
Si "L'Esquive" était une pure merveille de poésie et d'intelligence, devant "La Graine et le Mulet" je ne partage point tout à fait l'enthousiasme de certains.
Arrête, j'essplique.
Abdellatif Kechiche fait partie de ces rares réalisateurs qui, d'une situation quotidienne banale, savent tirer du jus d'universel. Pas que du poétique ou de l'humanisme à deux balles, non : sa petite histoire d'un vieil ouvrier viré qui lance un restau Couscous-poisson (graine, mulet) sur une vieille carcasse de bateau, il en fait par moments une vraie tragédie grecque. Et Slimane courant à petits pas derrière la mobylette des voleurs, et itou le ventre rond de la fille qui danse… c'est beau comme de l'antique. C'est ce qui fait la différence entre l'art et le cochon, justement : la transcendance (du ventre) (tiens, je perds la forme, moi).
Seulement — question de rythme personnel ? — j'avoue avoir regardé ma montre (c'est une image). Et franchement, il y a au moins deux scènes d'hystérie absolument (j'allais dire : objectivement) insupportables et qui n'en finissent pas… J'avoue avoir cherché mes bouchons à oreilles. Mais ce mec est génial. Mais le film est long. Mais il y a des moments éblouissants (comment fait-il pour filmer un simple repas de famille comme ça ?). Mais les péripéties sont prévisibles. Mais ça n'a guère d'importance. Oh et puis je ne sais plus . Allez donc le voir vous-même. Je vous préviens : ça dure 2 h 31.
Pour ceux qui veulent entendre le contraire, rendez-vous sur le site des Cahiers du Cinéma.

NATIONALISATIONS DES CHAINES PUBLIQUES :

Ça va coûter cher ! Pour trouver de l'argent, quelqu'un a trouvé une solution : virer Delarue !



Et n'oubliez pas :
La sauvageonne a apprécié mes cailles, une fois dessoûlée !
(Merci à Joël Martin in La Bible du Contrepet, Robert Laffont éd.)



Votre ami dévot

2 commentaires:

  1. 1/ le sexe de l'être nu sous la douche n'est pas évident, mais à priori, je me laisserais bien tenter

    2/ le texte bleu clair sur bleu foncé est assez fatiguant pour moi. Peut-être est-ce mon daltonisme qui frappe.

    3/ je ne puis pas dire grand chose sur le reste, car la peinture et moi...
    Et je n'ai pas vu le film

    4/ je pense qu'il serait intéressant que tu reviennes sur ce merveilleux service militaire que tu as vécu. Tu dois avoir, comme tout ex-bidasse, bien des choses à raconter, et vu ta plume...

    5/ l'article "Grand frère" m'a bien évidemment séduit, car si proche de mes opinions. Dans le même esprit, le téléphone étant maintenant interdit en voiture, je pense que la radio et les conversations vont suivre le même parcours.
    Tout doit rentrer dans le même moule, et bien évidemment, si tu y additionnes le niveau des programmes tv les plus regardés et le succès de Radio-Classique qui nivelle par le bas, l'avenir du monde ne fréquente pas chaleureusement celui que je désire.
    Donc : cd, films enregistrés, livres,... et amis

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  2. Merci encore pour les écrits de Justin...un bon moment ;
    ...bien aimé Giacometti... envie de voir, revoir et ressentir.
    La graine et le mulet, même impression que toi! quelle tension !!
    insupportable fin, mais aurait-on ressenti l'angoisse sans cette durée finale,… comme en temps réel...
    Il est bon parfois de supporter l'insupportable pour comprendre le message.

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A vous de jouer !