17 mars 2006

La Vie des Mots : Les chevals de Delarue !



Tout fout le camp, je vous dis : hier soir, le meilleur de nos animateurs télé lui-même, pourtant fort au courant des choses de la culture (puisqu'il présente "Avez-vous pratiqué la prostitution avec un nain parkinsonien presbyte ?" et autres sujets de société), le meilleur donc de nos animateurs, Jean-Luc Delarue, a commis devant tout le monde la faute de français à la mode.
Non ?
C'est comme je vous le dis. Le plus drôle, c'est qu'il venait de reprendre une de ses clientes qui avait malencontreusement sorti "des contacts socials". "SociAUX, quand il sont plusieurs", avait finement fait observer notre Guetteur du Monde. Et quand une autre de ses invitées avait cité le "Cantique des Cantiques", convoquant son oreillette malencontreusement muette, puis mentalement les fiches anciennes des Annales du bac 1982, il avait finement fait observer "spirituel, donc !". Ouais ! Extraits du Cantique des Cantiques :

"Ta taille ressemble à un palmier, et tes seins à des grappes.
J’ai dit : Je monterai sur le palmier, je saisirai ses rameaux ; et que tes seins soient comme les grappes de la vigne, et le parfum de ton nez comme des pommes,
et ton palais comme le bon vin,.... "

Spirituel, donc.

Mais quelle est donc cette si impardonnable faute de français que notre bon ami dévôt stigmatise, direz-vous ?
Je vous ferais remarquer que l'Education nationale déconseille fortement ce vocable. On ne doit plus dire "faute", sans doute trop connoté "péché", peu laïque et culpabilisant (manquement à la règle morale ; mauvaise action), on doit corriger des "erreurs". Ce qui veut dire exactement la même chose, puisque le Petit Robert, qui est pourtant bien grand pour son âge, définit également "faute" par : Manquement à une règle, à un principe (dans une discipline intellectuelle, un art) ⇒ erreur, inexactitude, irrégularité, omission, voir incorrection, barbarisme, solécisme ; lapsus…

Merci l'Educ' nat' de protéger aussi efficacement nos chères têtes blondes.

Donc, le gars il a dit, mais ce n'est pas le seul (voir plus loin) : "Un des dégâts collatéral". Ignorant que "des" veut déjà dire "parmi les autres", et donc induit le pluriel. Exemple : "Un des chevaux principaux". Du manège ou de ce que vous voudrez.

Incorrection double, puisque nous constatons une montée tout à fait réjouissante de l'incertitude devant le pluriel des mots en "al" ou en "ail". On entend de plus en plus "des travails", des "canals" ou des "principals".
"Ils sont génials" (Les Enfants de la télé, 20 01 06)
"Des personnages archétypals" (Charles Berling, à qui je pardonne tout cependant, chez Durand) (même jour).

Quant à "un des" :
"Un des plus bel objet" (le 24 10 05, je ne sais plus sur quelle antenne) et
"Un des plus grand éditeur de France" (pareil : sans doute France Inter)

Tout ça n'est pas très grave, me direz-vous, la langue bouj, on cauze plus la franssaize et on san fou, on est tous amérikain pissqu'on surfe sur le web à défô de lire les news.

Allez, une dernière pour la route :
"Dommage : ça devrait se faire partout comme ça se fait ailleurs !"
(JP Pernot, 18 01 06)


Et n'oubliez pas d'aller sur le site-cv de Jean-Luc Delarue (sponsorisé par Meetic !!!!!), je vous jure, c'est poilant :

http://membres.lycos.fr/jeanlucdelarue/

Votre dévoué
Hameau des vits

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