13 avril 2007

Dernière ligne droite











FAIS-MOI PEUR, QUE JE VOTE BIEN

Je me demandais quand reviendraient les grandes peurs préélectorales et me voilà rassuré. Avant-hier soir, la mine de PPD-Jadas m'a rappelé que nos vaillants journalistes idiovisuels pouvaient retrouver le sourire : faits divers sur toute la ligne. Merci au policier mort sur la Foire du Trône, merci à Al-Qaïda en Algérie, merci à François Baroin, ministre de rechange, qui en remet une couche en déclarant "La France est sous la menace d'attentats terroristes". Autrement dit, "Votez Sarko". Le danger, c'est que les gens peuvent entendre "Votez Le Pen". Ce qui serait une erreur tactique. Cette année, la politique, c'est bien compliqué…

BAYROU : L'EFFET GUIGNOL

Paradoxe.
La marionnette de Bayrou, aux Guignols de Canal, était tellement grotesque (mais drôle) qu'en voyant l'original, je me suis dit il est pas si mal. Je fus donc tenté d'y aller voir de plus près. Et comme j'ai eu l'occasion de le dire ici même, j'ai une certaine tendresse pour les lettrés. Hélàs, son projet ne tient pas debout. Comme on aimerait qu'il ait raison et que les politiques acceptent les bonnes idées, même si elles ne viennent pas de leur camp ! Seulement voilà : la Politique se fonde aussi sur des systèmes de valeur et des objectifs pas forcément compatibles. Même si… Bon. Nous entamerons la discussion plus tard, je suis d'accord avec ce que vous pensez.
Néanmoins, je laisse cet ancien ministre de Raymond Barre (vous avez peut-être oublié Raymond Barre ?) à Vincent Lyndon et François Berléand, tous deux également fort sympathiques…

VOTEZ DUR, VOTEZ MOU, MAIS VOTEZ DANS LE TROU

C'est ce qu'on avait inventé en 68, parodiant une expression populaire qui parlait d'autre chose. En grattant sur les écrans d'aujourd'hui, je m'aperçois que la phrase a fait florès.
Plus que dix jours, vous vous rendez compte ?
Allez ! Pas convaincu par son côté "Famille, Travail, Patrie", je voterai quand même Ségolène. A reculons. Après tout je suis très cohérent, finalement : en 2002 j'avais choisi Taubira (qui a rejoint Royal)…

SPÉCIAL ANNIVERSAIRE

Et comme c'est le premier anniversaire de La Mie des Veaux, fidèles amis, je ne résiste pas à l'envie de distribuer les prix d'excellence…

L'ESCALOPE (DE VEAU) D'OR
Attribuée à EDF pour sa campagne "Faisons un monde sans CO2".
Que vont devenir le Coca-Cola et la photosynthèse?

LE FOIE (DE VEAU) D'ARGENT
Encore EDF avec ce slogan bouleversant :
"L'avenir est un choix de tous les jours" !
Que tu fasses un choix ou pas, comme disait Pierre Dac, l'Avenir, tu l'as devant toi. Sauf si tu te retournes…

LE TRIPOUX DE BRONZE
A José Bové (Canal + le 5 février dernier) :
"JE SUIS LE SEUL PAYSAN DANS LA CAMPAGNE."

LA PAIRE DE CLAQUES BIEN MÉRITÉE
A La Poste qui, après avoir soigneusement désorganisé la distribution normale du courrier, n'hésite pas à proposer aux entreprises un service "Lettre prioritaire" (plus cher, bien entendu) !


EXPERTISE

Je viens de vérifier : d'après les chiffres balancés sur divers sites ouèbiens, près de 8 millions de téléspectateurs regardent "Les Experts", série diffusée depuis avril sur TF 1.
L'autre soir, pour ne pas mourir idiot, j'ai voulu voir de quoi il retournait et je m'en suis fadé deux épisodes. Vous voyez que je ne recule devant rien. Eh bien ! J'ai mesuré la distance qui me sépare de l'époque… Je n'y ai vu qu'une fabrication formatée, au style glacial mais avec effets mélodramatiques très vendeurs… Au total assez ennuyeuse. Et puis un certain malaise m'a saisi sur l'idéologie sous-jacente. Très anglo-saxonne, fondée sur l'idée que quelque part existe une seule vérité, et que les moyens actuels de la science peuvent y accéder. A rapprocher des études plus ou moins sérieuses qui expliquent un peu vite la rencontre amoureuse, ou encore les spécificités sexuelles à coup de régions cervicales, d'hormones etc. Pourtant, ceux qui me connaissent savent que je suis un dangereux rationaliste mécréant.
Dois-je essayer "Les Feux de l'Amour" ?


Pour finir sur une note optimiste…
LA PENSÉE DU JOUR

Entendue il y a quelques mois sur France 2 :
(C'est un centenaire qui parle)
"AVOIR CENT ANS CE N'EST PAS DIFFICILE, TOUT LE MONDE PEUT EN FAIRE AUTANT : IL SUFFIT D'ÊTRE PATIENT !"


Votre dévoué Ame, Idée, Vaux.

2 commentaires:

  1. J'ai reçu ça (de J.R.) qui peut participer utilement au débat :

    Non non non et non, je pense que ta lecture de cette série télévisée est enduite de crème piquante mais il manque à mon goût un ingrédient :

    Certes, il y a une systématique mécanique de construction scénaristique qui confine à la recette et te fait percevoir le truc comme idéologiquement marqué (à la Minority Report ?) mais j'ai envie de t'offrir une vision plus positive (et tout autant partielle que la tienne).

    Le sous titre aurait pu être "l'armée des cotons-tiges".

    Se plaçant en héritiers modernisés du digne Columbo qui avait pour lui sa seule intelligence pour démasquer les criminels, ces experts ont la science technologique (époque oblige) et tout son outillage utilitariste (mais aussi la même logique, élément vidéogénique indispensable pour tout polar) comme seule arme. Finie la vision westernique de la justice expéditive à l'américaine (texane) : l'arme à feu justicière de tout à disparu au profit du travail du ciboulot (et des ordinateurs). Ils brandissent un coton tige (pour traquer l'ADN) plutôt qu'un pistolet- pour-punir-les-vilains-tout-de-suite. J'y vois un progrès.

    Puisque ce n'est plus John Wayne et la mythologie du far-west qui prime, il fallait bien sucer les fonds d'idées quelque part : en Europe forcément... L'inspiration sera donc vaguement shakespearienne : Les morts ne parleront peut-être pas, mais leur cadavre si, leur disparition ne sera pas vaine, leurs assassins seront poursuivis et démasqués, la justice pourra, mais pourra seulement, s'accomplir. C'est Horatio, l'ami survivant d'Hamlet, qui veillera au grain et racontera dans le petit écran leurs histoires reconstituées. Le crime ne payera pas, le meurtre n'aura plus autant de séduction et personne de gagnera le fameux "million de dollars" à la fin en guise de toute gloire. Et s'il n'y a certes aucune profondeur littéraire (hé, coco, c'est de la télé de masse) ni la noirceur ambiguë qui fait les oeuvres intéressantes (de la télé je te dis), tout au plus quelques clins d'oeil mais encore moins d'analyse psychocritique (faut pas déconner non plus), très peu d'humour et aussi peu de distance.

    Alors oui, les années passent et à force de se répéter, la série se fige dans un schéma qui s'écule forcément, c'est de la télé, il faut plaire, flatter, au plus grand nombre, et prendre de moins en moins de risque, et tout ça fini par ressembler à du matraquage, mais contrairement à ton appréciation de la chose, moi je dirais presque que c'est une série télé de gauchistes (américains évidemment).

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  2. Bien reçu, l'ame, idée, vaux,
    lave ide émaux,
    la vie des mots,
    j'ai lu avec attention, et plaisir votre prose engagée et néanmoins drôle.
    rendez vous devant les urnes... vivement qu'on en finisse, le débat ne décollant pas (parfois je
    revois le capitaine hadock ne pouvant se défaire d'un sparadrap), les programmes ressemblant
    beaucoup à ce sparadrap et les candidats au capitaine.
    Bon, là je me laisse emmener dans des sphères tintinesques. En attendant donc de voter
    ségolène (ben oui, rien de mieux à faire), je profite du soleil qui vient nous surprendre en ce
    début de vacances jusque dans notre grand nord.
    Bises à vous

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