11 mars 2013

Le Bon Vieux Temps !







A l'intention des tout-va-malais, 
des ça-n'a-jamais-été-plus-pireux, 
et pour éclairer le faisceau laser des jeunes générations, 
un petit tableau d'une époque révolue : 
mon bon vieux temps à moi.
Seulement Zut Alors, mais vous verrez ça plus loin…


Paname

Paris sentait la suie. Paris était noir, et je te jure, ça filait le bourdon au retour des vacances. Dans les immeubles ordinaires, l'escalier sentait le moisi. La "boîte à ordures" du logement ressemblait à une auge rectangulaire de plâtrier et restait ouverte. Les poubelles, métalliques, étaient ramassées à l'aube, à grand fracas (mais les camions n'entravaient pas la circulation en pleine journée)…
Il n'y avait pas encore un feu rouge tous les vingt mètres, mais des pavés inconfortables. Des coups de klaxons. Des prises de bec nombreuses entre conducteurs…
Les enfants braillaient dans les cours. On s'interpellait de fenêtre à fenêtre. Il ne venait à l'idée de personne d'engueuler le serrurier d'en bas pour le bruit de ses machines.
Paris était bien plus pollué qu'aujourd'hui : il n'y avait pas de pots catalytiques, les poêles à charbon et les usines crachaient une fumée âcre.
Les salles de bain étaient rares : le samedi on allait "aux douches". Le reste de la semaine, ben, on sentait la transpiration. Et plus, si affinités.
Il y avait bien moins de verdure qu'aujourd'hui, et les squares étaient sinistres…
On fumait. On fumait partout, sauf au cinéma (excepté au Grand Rex, à une époque). Les pmu étaient bleus de la fumée des gauloises et des gitanes.
La ville-lumière n'était pas encore devenue cette bonbonnière dorée, ce musée impeccable à ciel ouvert…
Et pourtant c'est ce Paris-là qu'ont chanté les poètes !
Avec une rue de Lappe suintante, un Richard-Lenoir et sa Foire à la ferraille, une Foire du Trône à la Nation, avec ses relents de frites cuites dans le saindoux (on faisait déjà des économies sur le dos du chaland, à l'époque !)

Bagnoles et cong' pay's

Dans les Arondes et plus encore les Dyna Panhard, on avait mal au cœur à cause des odeurs d'essence. La buée sur le pare-brise, les jours de pluie froide, ne disparaissait qu'avec un chiffon, dans la Dauphine. En ville, la nuit, en revanche, on n'était pas ébloui encore par les feux des autres voitures : on n'avait pas imposé les feux de croisement. D'ailleurs on disait "les codes". 
En train, on mettait neuf heures pour rallier Nice depuis Paris. Comme aujourd'hui lors d'un incident technique.
Les toilettes des cafés et restaurants étaient de "moyen-propre" à "franchement dégueu", à peu près partout dans notre beau pays.
Les petits hôtels de province étaient carrément craignos.

Rustines

Maman devait repasser ses serviettes périodiques, sans que j'en devinasse d'ailleurs l'usage, et les couches des bébés ne se jetaient pas. 
Ça commençait à ne plus beaucoup se faire, mais on reprisait encore chaussettes et pantalons, mes amis. 
A la campagne, on reprisait même les cuvettes en ferraille avec des "rustines". D'ailleurs il me souvient qu'on ne rachetait pas un vélo dès qu'il était crevé. Triste époque !

La santoche

Il existait encore des salles communes dans les hôpitaux.
L'échographie n'existait pas, alors on ne savait pas s'il fallait tricoter la layette en rose ou en bleu. 
L'IRM n'existait pas. L'endoscopie était rudimentaire. L'anesthésie restait problématique. Mais l'acide acétylsalicylique est déjà en orbite (d'ailleurs, depuis qu'il existe des saules)
La mode était alors à l'appendicectomie. Et à l'ablation des amygdales (ah ! je serais bien devenu étheromane !)

Quincaille

La radio, dont on se délectait, n'émettait qu'en modulation d'amplitude — ondes longues en particulier, sensibles aux "parasites" des mobylettes,— et le son était plutôt médiocre (à peu près comme les pubs "compressées" sur RMC ou NRJ aujourd'hui)… 
La télé durait vingt ans, mais elle se déréglait souvent… Combien de quarts d'heure passés sur les petits boutons de derrière (il paraît qu'il y avait des risques de choper des rayons X !)
Mon magnétophone portatif pesait trois kilos et demi. 
Ma Paillard-Bolex se remontait à la main ! 
Ta facture de téléphone, lorsque tu avais le téléphone (plusieurs mois d'attente) était impossible à contester ! D'ailleurs il fallait un rendez-vous spécial pour y accéder ! 
Imprimer un journal de lycée, c'était vachement artisanal et assez galère (mais la douce odeur des stencils !)… 
Pour rectifier une faute de stylo sur son cahier, on utilisait du Corector, qui bouffait en même temps les petits carreaux. Mais le buvard buvait. D'ailleurs, on disait "Ça buve !"

Boustifaille

La bouffe était peut-être moins bourrée de pesticides (encore que), mais les petits abricots jaunes farineux étaient immangeables.
Il fallait trier les lentilles et chasser l'asticot dans les cerises. Ou le boulotter.
Le poulet industriel a pué le poiscaille pendant des années. Les tomates avaient encore un peu de goût, mais pas les golden. 
Il fallait filer un pourliche au poissonnier s'il vidait le poisson (comment ça : le poisson était cinq fois moins cher ?)
La boulangère te rendait la monnaie avec les mêmes mains que celles qui avaient servi le pain (une remarque ?)
On rapportait les bouteilles de verre à la consigne (ça me rappelle un dessin de Reiser !)…
Le pinard, ah ! le Gévéor ! Le vin des rochers — le velours de l'estomac !

Zut alors !

Pan sur le bec ! L'écrit lui-même s'est chargé de distordre mon intention première. J'avais envie de remettre les pendules à l'heure, contre tous les tenants du catastrophisme ambiant, les moroses, les contempteurs de l'époque. Leur dire : voyez, ça n'a jamais été rose, y avait déjà du mercure dans les pommes, du cuivre dans les vignes et des particules néfastes dans le bois de Vincennes !
Et va savoir pourquoi, même à l'évocation d'un Paris pourri, d'un train qui se traîne, de poubelles pas belles, d'éther délétère, d'ondes trop longues ou d'astibloches dans le calendos, je n'ai pas du tout convoqué l'enfer… Tant il est vrai que tout est question de ressenti ! On me dira que les années d'enfance, que la nostalgie, que le contexte… Justement ! La pensée reste engluée, qu'on le veuille ou non, dans ce réseau d'émotions, de parti-pris, d'influences. Et puis tout est toujours plus compliqué qu'on le croit. Comme dit Edgar Morin !

La nostalgie serait donc bien ce qu'elle était ?

N'oubliez pas :

Quels bœufs !







30 janvier 2013

2013 : Pas ni pwoblem !








Bien bonjou tou moun ! 
(i vlé palé kréyol !)

J'avais pwomis une chronique débawassée 
de mon habituelle atwabile ! 
Retour des Iles, — solèy, dauphins, homa péyi, acras et ti-punchs —, ce sera plus facile.
Tan-la pas bel à Paris (le temps n'est pas extraordinairement favorable, en la capitale, aux points de vue optimistes), 
mais pwomis c'est pwomis.

Quelles raisons, Justin, y aurait-il à se réjouir en cette sinistre époque, quand le moral des Français frise le zéro absolu 
(- 273,1499999999°C) ? 


Gérard Depardieu, acteur génial et beauf pathétique (encore que ses camarades évadés fiscaux ont en plus la roublardise d'être discrets) m'a énervé les neurones.


J'ai trouvé dix raisons personnelles de cueillir en ce début d'an quelques joyeuses bananes à s'accrocher sur le bec :
Complaisance niaiseuse du crétin satisfait ? A vous de juger : 

Cocoricos :
Une banane pour le bois de Vincennes
Chaque début et fin d'été, je pose mes exigeantes fesses sur les chaises en plastique du Parc Floral au bois de Vincennes, et je m'y régale pour 5,50 € des trilles des plus fabuleux musiciens (jazz et classique) au milieu des oiseaux ; des artistes qu'on retrouve à Marciac (au milieu du foie gras) pour 5 à 7 fois plus cher…

Une banane pour les festivals
D'ailleurs, y a aussi le charme irremplaçable du festival d'Avignon, avec ses expérimentations improbables, ses terrasses et ses petites gonzesses rue des Teinturiers. Chalon, Aurillac, Vienne, La Rochelle, Bourges, Royaumont, La Charité sur Loire, etc. : dans quel pays y a-t-il autant d'offres culturelles, comme je me disais un jour de retour de (chut ! restons positifs !) ?

Une banane pour Paris
… que je ne cesse de découvrir et de redécouvrir avec émerveillement malgré six décennies et 32 paires de semelles !

Une banane pour le système de santé
Il y a deux ans et quelque, on m'a posé un petit ressort dans les coronaires. Une intervention qui coûte un demi-bras (mon bras, d'ailleurs, je l'ai cassé quand même un peu plus tard mais bref). Eh bien j'ai dû sortir de ma poche… 18 euros. Mon œil de verre pour la cataracte du Nil, pareil. Je ne compte pas mes cotises à ma mutu, certes. Je dis ça, je dis rien.

Une banane pour les maths
La médaille Fields : il paraît que c'est le prix Nobel des mathématiques. Eh bien les Français sont deuze en nombre de médailles (11) après les Etazuniens (12) !!

Une banane pour le cinoche
Je suis pas un grand fana des poursuites en bagnoles ni des règlements de compte sévèrement burnés. En dépit du forcing marchand et culturel des Amerlocains, le cinéma français est l'un des rares encore, grâce à un système astucieux de redistribution, à bouger encore, pour le meilleur, pour le pire, et pour l'entre-les-deux !

Une banane pour le cassoulet
… mais aussi le bœuf bourguignon, le gratin dauphinois, les tripes à la mode de Caen, la tartiflette et la soupe au pistou. 
Je n'oublie pas la vichyssoise d'asperges à l'anis vert, la roulade de foie gras en gelée d'airelles, le chaperon aux agrumes et à la truffe blanche…
Le beaufort, le (vrai) calendos, le roquefort, le crottin de chavignol, l'époisses, le vacherin…
L'Hermitage, le pomerol, le pauillac, le St-Julien, le moulis, le pouilly fumé, le gewurztraminer…

Une banane pour les grosse boîtes
Aïe : voilà une liste de réussites économiques mondiales qui ressemble à une dénonciation anticapitaliste :
Vivendi, EDF, Total, Axa, BNP Paribas, L'Oréal, Carrefour, LVMH, PPR, Publicis, St Gobain, Vinci, Bouygues, Alstom, La Poste…
"Certains de ces champions sont issus du secteur public" (infos : Marianne n° 818)

Bananes sans frontières :
Une banane pour l'avion
… qui me fait toujours un peu flipper mais qui m'enchante (ah le ronronnement feutré des moteurs, les petits "tim" des voyants pour la ceinture, le survol muet de villages illuminés au milieu de contrées improbables, la nuit, l'œil sur le hublot !)… Ce truc qui t'emmène de l'autre côté du monde, là où tu as les pieds en l'air et où tu ne trouves plus la Grande Ourse !

Une banane pour la toile
Nous en rêvions, petits, d'une banque de données universelle où l'on pourrait, très vite, surfer sur tous les savoirs du monde, et visiter le musée du Prado ou la théorie quantique sans quitter son fauteuil ! En plus, on peut acheter des billets, lire tout Diderot et écouter La Passion selon St Jean (ou Olivia Ruiz…) !

Quelques peaux de bananes (on ne se refait pas)
Pour MacDo, qui vient de réinventer… le casse-croûte ! Si si ! Avec de la baguette ! Bien sûr, le poulet est en tranches rondes, mais il ne faut pas désespérer…
Pour le préfet d'Ile-de-France, qui va sauver la planète en… interdisant le feu dans la cheminée ! Progrès considérable !

Mais alors, l'Allemagne, c'est-y pas mieux ?
"[…] Vous avez tort de l'ériger en modèle ! C'est à l'Allemagne de prendre modèle sur la France ! Chez nous, aucun plaisir, aucune jouissance de la vie : trois restaurants corrects à Berlin et pas un en province ! Et la dépression partout ! Les chiffres qu'on vous donne sur notre prétendue vitalité économique sont souvent falsifiés ou comptabilisés différemment […] Dans cinq ans, l'Allemagne va s'effondrer. La pauvreté est partout, et le chômage…"

Thomas Ostermeier, metteur-en-scène, co-directeur de la Schaubühne de Berlin.
Interviewé par Télérama (n° 2384)
Son remarquable "Ennemi du Peuple" d'Ibsen est déjà complet au TNP de Villeurbanne


Quand je vous disais qu'on n'avait pas de waisons de se mettwe la wate au court-bouillon !

Bonne année, et que mille bananes fleuwissent en votwe jawdin !

L'ami Zantwop




01 novembre 2012

Cinquante nuances de blanquette


CINQUANTE NUANCES DE BRÊLES



Cher tonton,

Décidément, le temps passe trop vite !
J'avais plein de cartes postales à t'envoyer depuis Avignon, Arles ou le Parc Floral, plein de choses pétillantes à te raconter sur la vie, la politique, lézard ou mon expérience de nudisme,
Et voilà qu'on approche de Noël (les chocolats sont déjà en vedette depuis quinze jours au Monoprix) !
Heureusement, la rentrée froide et pluvieuse, merdique pour tout dire, me donne de nouvelles occasions de me poiler sur la Mie morose des Veaux…
Ecoute-voir :


CINQUANTE NUANCES DE PROMO
Quinze jours au moins qu'on nous en cause sur toutes les antennes : Cinquante nuances de Grey est l'événement littéraire de la rentrée ! La preuve : c'est un best-seller aux Etats-Unis. 
Attends ! Le plus drôle, c'est que les journalistes, qui sont comme tu sais ma corporation préférée (avec les banquiers et les commerçants) invitent des professionnels de la profession pour nous apprendre que… cet ouvrage au fond ne vaut pas tripette, qu'il n'est qu'une bluette érotisante et bien pensante, assez mal ou très mal écrite, pour rombières puritaines sans imagination. Ah bon ?
C'est déjà, crois-je savoir, un succès en notre beau pays. Mais comment donc les acheteurs en ont-ils entendu parler ??? Les journalistes et animateurs mènent l'enquête… en accueillant les professionnels de la profession.




CINQUANTE NUANCES DE PIGEONS
J'ai assisté en juillet, aux Rencontres d'Arles, à un événement inouï : la collision, en plein vol, de deux pigeons au-dessus de ma tête ! Deux morts ! (voir photo)
Quand je pense qu'il a suffi de quelques fientes pour faire reculer le gouvernement ! Des pigeons qui se revendiquent indispensables à la République ! Quand leur idée fixe est de spéculer vite-fait sur la revente de leur affaire… Mais protégeons les pigeons. Ce sont nos frères, après tout…

CINQUANTE NUANCES DE TRADERS
Zut alors, Kerviel va devoir payer à la Société générale l'équivalent de 370 000 années de Smic. Comme cette somme est impossible à rembourser, la Société générale va devoir déduire de nouvelles pertes ! Quel dommage encore pour la République.





CINQUANTE NUANCES DE VICTIMES
BFM TV en a fait une édition spéciale en direct. Les journaux nous en ont gavé jusqu'à la lie. Canal +, forcément, nous en rebat les oneilles. 
Des cinquante morts haïtiens suite au passage de Sandy ? Des derniers carnages en Syrie ? Ou reviennent-ils sur les 29 000 morts de la sécheresse en Somalie, les 670 morts des inondations en Thaïlande (2011) ? Un bilan sur le nucléaire au Japon suite à Fukushima ?
Ah, Sandy, tes beaux yeux me font d'amour mourir ! Citation : "Les dégâts se montent à plusieurs millions de dollars"…
Je dois à la vérité de dire qu'on annonce au moment où j'écris 74 victimes aux Etats-Unis, ce qui est beaucoup et triste.

CINQUANTE NUANCES DE POLLUTION
Bertrand Delanoé, qui restera sans doute comme un des plus grands pollueurs de Paris puisque maintenant les voitures, toujours aussi nombreuses ou presque mais immobiles, moteur en marche, envisage de réduire la vitesse de certains axes à 30 km/h et d'y pourchasser les vieilles guimbardes. La civilisation avance, puisqu'on ne cesse d'inventer de nouveaux interdits.

CINQUANTE NUANCES DE PLÉTHORE
L'autre jour, j'achète un paquet de bonbons (eh oui, on vieillit tous, vous verrez !). Mais c'est devenu comme les clous : si t'en achètes pas trente, t'en auras zéro. 
360 g de Kréma réglisse-menthe ou rien ! Deux boîtes de cachous ou rien ! Je ne parle pas de ces insupportables seaux d'un kilo de saloperies sucrées à hauteur de bambins…
Alors, je me mets devant la télé : trois séries ou rien !
Le diabète (physique ou mental) nous guette, je crois.

CINQUANTE NUANCES DE DETTES
J'emmerde Walter de Closets (jeu de mots) et consorts sur la "compétitivité". Comme je n'ai pas un budget à rallonge, j'achète en général des appareils ménagers de qualité, c'est plus économique. La plupart, je le fais pas exprès, sont de conception allemande. Comment font-ils ? (Ouais, Roro, je sais : l'Allemagne a aussi développé la précarité au travail et aux dernières nouvelles, sa situation présente des signes de dégradation). Je propose une solution : refaire des paquets de bonbons à 150 g.


CINQUANTE NUANCES D'ART CONTEMPORAIN 
À LA CON
Début septembre, une galerie chic du quartier latin. Des bières dans des bouteilles blanches offertes par un sponsor. Beaucoup de mômes, dont on me dit qu'ils sont étudiants aux… Beaux-arts (un truc où l'on apprend à écrire des concepts). Heu ! La visite m'a pris douze minutes, effaré que je fus par la vacuité prétentieuse des œuvres présentées. L'une d'elle (photo), consistait en une sorte d'ikébana Truffault orné d'une laitue, et intitulée : "Le léninisme sous Lénine / la conquête du pouvoir". Je suis très ouvert et j'adore les propositions improbables. Mais cette fois, j'avais envie d'envahir l'Ukraine…


CINQUANTE NUANCES D'ART CONTEMPORAIN 
PAS À LA CON
Début octobre, premier Festival ZOA (Zone d'Occupation Artistique) au petit théâtre La loge, à Paris. Sans doute parce que c'est l'amie Sab qui l'avait mis sur pied(s), ces propositions (performances, chorégraphies) singulières ont constitué un salutaire dérangeage de neurones, un creuset de jeunes figures de la danse contemporaine très prometteuses. Et le public était là (on se demande comment il peut y avoir un public pour ces trucs "non identifiés" !)… Retenez trois noms : Muriel Bourdeau, Stéphanie Lupo, Gurshad Shaheman. 

CINQUANTE NUANCES DE COMIQUE TROUPIER
Vu au zappinge Laurent Ruquier critiquer des comiques amateurs en leur disant qu'ils faisaient un comique "démodé". Oui, et alors ? Non, rien… Jugement de spécialiste…

CINQUANTE NUANCES D'ATRABILE
Voilà, t'es content, tonton ? Quand je me laisse aller, je vois le mal partout.

Je te jure, pour la prochaine édition, je verrai tout en rose.
Enfin le rose, en ce moment, il a une vieille tendance à bleuir. Attendons.

Décidément :

Ah, les masses pénibles !






RAPPELS : 

Vos commentaires sont toujours les bienvenus. 
S'ils n'apparaissent pas, 
cliquez soit sur l'heure, soit sur "(0,1, 2, 3…) commentaires".

Nouveau et intéressant, vous avez maintenant accès à la fonction "répondre", si votre voisin du dessus vous énerve ou vous ravit. 
Par ailleurs, les archives restent disponibles depuis 2006.




09 juin 2012

Et maintenant ?
























(légende inspirée d'un commentaire sur Télérama.com)



ET MAINTENANT, DONC ?

Maintenant, c'est plus calme enfin
Maintenant qu'on n'a plus dans les pattes le petit agité hargneux
C'est un peu plus calme, non ?
Maintenant qu'on n'entend plus aboyer contre les enseignants, les chercheurs, les chômeurs, les syndicalistes, les Arabes et assimilés
Sauf Coppé et Morano naturellement

Ce qui me fascine, c'est qu'en dépit de ses échecs, ses mensonges et ses reniements,
le Petit Avocat d'Affaires avait encore trouvé 48,38 % de gens pour voter pour lui !

Bon c'est plus tranquille, allez (avez-vous remarqué que je n'ai pas encore dit "normal" ?)
Bien sûr, les médias, qui n'en loupent pas une, ont trouvé un nouveau sujet passionnant de débat, un nouveau nonosse à ronger : Valérie Trierweiler doit-elle ou non continuer à travailler ?

Bien sûr, le nouveau pouvoir n'a pas encore appris à déjouer les questionnements essentiels des journalistes formatés, qui sont immanquablement :
1. Que ressentez-vous ?
2. Où allez-vous trouver l'argent ? 

En a-t-il le désir, d'ailleurs ?
Vingt-cinq ans qu'on ne sait plus parler autrement qu'en chiffres, dans ce pays
Ce pays qui n'a jamais été aussi riche mais qu'on n'a jamais été si impuissant à faire tourner dignement !
Le pire, c'est que ce sont les "Socialistes" qui ont commencé à réhabiliter l'oseille dans les années 80
Et tous les hebdo ont lancé des pages Economie !
"Vive la crise !", en 1984, une émission présentée par Yves Montand, chanteur autrefois "compagnon de route" du Pc, en constitue le plus grotesque exemple. Il ne s'agissait de rien d'autre que de se réconcilier avec le capitalisme, avec la collaboration d'Alain Minc et le soutien de… Laurent Joffrin, qui stigmatise aujourd'hui les banquiers…

Il y a urgence à décontaminer les cerveaux et à parler enfin d'autre chose, et surtout autrement ! 
Que veut-on au juste ? Qu'attend-on de l'Education, de la Justice, du Commerce, de l'Industrie, de la Recherche ?
A quoi ressemblent nos valeurs ? "Enrichissez-vous", ou "Tous ensemble ouais" ? Et à partir de là, quels moyens met-on en œuvre pour un avenir tout sauf morose ?
A part dans les discours de Méluche, l'affreux partageux bolchévique ami des dictateurs, nous n'avons guère entendu parler du bonheur, de la fraternité, de la culture, de l'investissement pour le futur…

Quant à nos intellectuels, ils sont aux abonnés absents. Sans doute parlent-ils maintenant anglais, comme les chanteurs et les agences de pub ?

Et maintenant ?

Allez, en attendant on va voter, en espérant que le Nouvel Obs n'aura pas trop d'influence sur les décisions de notre Normal président. Ça y est, je l'ai dit, le mot…




PETIT ÉNERVEMENT QUI N'A RIEN À VOIR
DANSE CONCEPTUELLE ET "RELEASING"

BENOÎT LACHAMBRE : IMAGERIE BÊTASSE ET NON-JEU PUNKOÏDE GAVANT !

Je me suis trouvé par hasard à une première d'un chorégraphe inconnu de moi. Autant dire que je n'avais pas d'idée préconçue. Autant dire également que dès les premières images — un homme à queue de cheval gaîné de lanières de cuir marron, de dos, coincé au niveau des hanches et remuant son p'tit cul pendant dix minutes — j'ai machinalement pensé à un spectacle de MJC des années septante de fin de stage d'expression corporelle vachement moderne (on ne disait pas encore contemporain). 
Je sais qu'on ne juge pas Xénakis avec les outils du solfège : j'en ai bouffé du contemporain, je suis pas un perdreau de l'année, qu'est-ce que tu crois ? Bon. Après, il se défait de son corset et se repenche en arrière pris dans une courroie, noire cette fois. J'oubliais le guitariste électrique aux sons distroyés. Après, il monte sur un échafaudage pour trépigner avec application. Comme le son est vaguement rock et le décor de fils tendus très "music-hall", je pense aux numéros de magie à la présentation niaiseuse chez Patrick Sébastien le samedi soir. C'est à ce moment que ma voisine, une professionnelle de la profession, me souffle que ce Benoît Lachambre est "un grand danseur et grand chorégraphe connu". Damned, me voilà redoublant d'attention et de culpabilité vexée au moment où, déguisé en Spiderman (en fait, c'est un masque de serpent et on assiste à une mue, mais il faut avoir lu le programme) il se jette dans les filets de la toile tendue, faisant frémir de peur quelques happy few de sexe féminin. Après, il progresse à grand renforts de "han" dans les fils… et ça dure !… pour finir par redescendre bêtement et à marcher en se tordant les chevilles.
Plus tard il arpente la scène de gauche à droite au moins 53 fois, ce qui me donne le tournis. Après, il se met la tête dans un ballon de basket avec un micro et il rit tout seul en proférant des paroles incompréhensibles avec un accent. Je découvre qu'il est canadien. Les sons rauques de tôle amplifiée ou de guitare samplée finissent quand même par créer une sorte d'ambiance poétique (assez "no future" en vérité !), quand à la fin de ce pensum, il dansotte, ainsi qu'un autre danseur recouvert d'un masque argenté très tarte au fond d'une scène déshabillée des éléments de décors. J'oublie une jolie séquence de stroboscopie qui fait danser les cordes, inexplicable concession au spectaculaire ! C'est quoi, mon problème avec la danse contemporaine conceptuelle (c'est-à-dire qui ne veut surtout pas danser) ?
C'est quoi, son problème, à ce type ?

Et surtout n'oubliez pas que :

Cette libraire a vu beaucoup d'Isbsen ôtés.

26 avril 2012

ZÉBULON, DÉGAGE !




Non mais vous avez vu le niveau de la campagne de Sarkozy ?
Son flirt poussé avec les thèses du FN, ses mensonges réitérés pour dire tout et son contraire, tenant de la jungle libérale en 2007 (et défendant entre autres les subprimes juste avant le grand tsunami boursier) mais soudain garant de la défense républicaine du "peuple" aujourd'hui, vive Merkel hier, vive la BCE aujourd'hui, ses aboiements réitérés contre Super Gouda, qu'il accuse d'être un grand suppôt de l'islamisme, j'en passe et des meilleures…

J'ai plus envie de faire dans l'ironie, le décalage ou l'humour subtil, qui font pourtant depuis 2006 le miel de mes fidèles follohoueurs de la Mie, ô amis,

Je n'en peux plus de la hargne, de la division des Français, de la manipulation démago d'un vilain roquet vulgaire et inculte,

Celui qui a insulté ces feignants d'enseignants et rasé les Rased,
Insulté les chercheurs, qui restent là parce que c'est bien chauffé,
Méprisé les banlieues et détruit la police de proximité (quitte à la retricoter ensuite devant l'étendue des dégâts),
Accusé les chômeurs de le faire exprès,
Dénigré les syndicats (récemment : du jamais vu de la part d'un président de la République),
Démonté la Justice, cassé les centres de santé de proximité,
Baissé son froc devant les pires des valeurs étazuniennes,
Ignoré la culture (un truc qu'il sait même pas ce que c'est !),
Méprisé la solidarité…

Plus que tout je n'en peux plus d'un ÉTAT D'ESPRIT de compétiteur sans foi ni loi, 
du chacun pour soi, 
de l'argent comme aune de toute chose*, 
de la privatisation de la vie !

Et même si je ne me fais guère d'illusions sur l'alternative politique proposée,
je me dis que ça ne pourra pas être pire !

DÉGAGE !

Et n'oublie pas :
T'es encore un peu court pour l'élection !

(Piqué une fois de plus à Joël Martin, La Bible du Contrepet, Robert Laffont édit.)









14 mars 2012

Apodictique et Assertorique sont dans un bateau

















Ça y est v'là l'printemps zut alors












Paris n'est pas si magique

Si











Nénette























Guintche




Petit détail technique que je viens de découvrir :

Savez-vous que l'on peut agrandir textes et photos de ce blog,

sans perte, d'un seul clic ?

(sur mon Mac, c'est cmd et "+" ; dites-moi pour le pc)









Ça fait une paye que je n'ai pas dit du mal de mon prochain. Et puis j'ai vu des tas de trucs dont j'avais envie de causer. Alors j'ai fait un petit pot-pourri.



LES NOUVEAUX MARCHANDS DE TAPIS


Un marchand de literie m'a joué la grande scène très-tendance du commerce-à-la-dure : après une demi-heure de négociation, la somme était réduite de presque moitié. Vu d'oùsque qu'on était parti, c'était presque un cadeau — tu parles !

Pour cela, il a "appelé son chef" — Hou lala je vais me faire taper sur les doigts ! — en parlant fort. Il n'y avait sans doute personne au bout du fil, mais je suis resté courtois. Comme ça restait quand même le prix d'un demi-bras et que je commençais à le détester, du coup on n'a pas fait affaire.


Le pire, c'est que la Fédération Nationale d'Achats des Cadres (la FNAC, vous ne connaissez pas ?), pour qui je gardais bêtement un certain a priori favorable en souvenir d'un état d'esprit ancien, disparu depuis des décennies, m'a fait le même coup ! Négociant un rabais sur l'achat de deux ordinateurs, le vendeur nous fit comprendre qu'il eût fallu que j'achetasse un de leurs produits financiers (une assurance hors de prix) pour que j'obtinsse quelques miettes de ristourne !!! "Je vais voir avec mon chef de service, je vais me faire taper sur les doigts" doit être une phrase apprise dans les écoles commerce. Beurk.


L'acte de commerce, serait-il, presque par essence, une escroquerie ? Entre les marchands de cuir, de bijoux, de parfums ou de tapis qui pratiquent ce genre de technique à la con avec des touristes béats… et les méthodes décomplexées de nos chers marchands, je n'ai plus qu'à retourner sur les grands boulevards de mon enfance où le camelot cassait des assiettes :

"Je vous les fais pas à 1000 francs, ni à 500, ni à 400, mais pour 250 vous emportez le tout et je vous rajoute la soupière et la lessiveuse gratos !". Tu rentrais chez toi avec une tourniquette à faire la vinaigrette et un atomixer que tu laissais soigneusement au placard pour les générations montantes ! Au moins, pour le plaisir du spectacle et du savoir-faire, on ne leur en voulait pas trop.


Ce matin, j'apprends que pour prendre rendez-vous avec mon conseiller financier de la Banque postale (rebaptisé depuis peu "charge de clientèle"), il faut composer un numéro payant !


Même procédé chez OPODO, par exemple. En ligne, on ne te donne pas tous les renseignements attendus. Qu'à cela ne tienne ! Il suffit d'appeler un numéro à… 1,35 € l'appel plus 0,35 € la mn !

Est-ce que je dois fournir aussi LA FICHE DE PAIE au gus qui me répond ??

Un voyage en avion à X euros, c'est pas cher, sauf qu'en tout petit il ne faut pas oublier le poste 'taxes aéroportuaires" à + 30 % !

+ 30 % ! Chez mon Monop', les taxes sont encore incluses ! Pour combien de temps ?


Allez, on va tous faire pareil, prenez-en de la graine, les épiciers :

— Aujourd'hui le fromage blanc est à 2 € mais en fait LE LIVREUR A DÛ CHANGER SA ROUE, alors ça fait 4.

Ah, j'ai oublié : pour FRANCHIR LA PORTE du magasin, c'est 1,35 €. Plus 0,35 par mn de présence. Non mais !


Air France s'apprête à monnayer les repas pris à bord des avions longs courriers, imitant en cela une logique au petit pied venue devinez d'où…


Enfin, les rapports humains s'érotisent : qui va baiser l'autre ?


J'aime mon époque.



ET PENDANT CE TEMPS-LÀ EN FRANCE


Sarko est vraiment prêt à tout ! Après celles de Marine, voilà qu'il pique ses idées à Mélenchon, maintenant, avec les exilés fiscaux. Et il se trouve encore 28 % de Français pour le prendre au sérieux… Quant à Depardiou ! Ah ! Cher Depardiou ! "Je n'entends que du mal de cet homme qui ne fait que du bien !"

Acteur génial, certes, mais il ressemble de plus en plus à son personnage d'Obélix.


Hollande, lui, il s'attaque au mot "race" : pouah caca. Ça c'est une vraie pensée de gauche ! Ses conseillers en com sont vraiment formidables.


Les députés adoptent la nouvelle carte d'identité biométrique à deux puces.

C'est vrai qu'à l'époque de Fessebouc et autre contrôle digital pour aller manger à la cantine, on n'est plus à ça près.


Un éthylomètre obligatoire dans chaque voiture, vachement utile contre les alcoolos. L'infantilisation généralisée suit son chemin.

Comme dit Roro : "Faudrait aller plus loin : quand tu vas aux chiottes, un flic pour te la tenir, au cas ou tu pisserais à côté — on sait jamais."

Ça va venir, Roro. Y a déjà des barrières autour des piscines et sur les trottoirs.



PENDANT CE TEMPS-LÀ EN SUISSE


Ils viennent de voter contre deux semaines en plus de vacances. Les Suisses, que j'aime de plus en plus, ont bien intégré la pensée libérale culpabilisante. Vive la vie !



ET SINON, COMPÈRE, QU'AS-TU VU ?


J'ai vu (et revu) UNE SÉPARATION. Diamant pur : l'air de rien, visible par tous, il parle de tout ce qui démange d'essentiel.


J'ai vu POLISSE. Cette Maiwenn a vraiment un univers. Son film est presque complètement réussi.

J'ai vu LES NEIGES DU KILIMANDJARO. Guédiguian met le doigt où il faut et ses comédies sont toujours un bonheur. Dommage qu'il ne porte pas plus de soin au filmage.

J'ai vu pour la première fois ce vieux Lubitsch TO BE OR NOT TO BE (1942) : une merveille de scénar et de dialogues saignants… (A un acteur : "Vous avez fait à Shakespeare ce que nous les Allemands faisons à la Pologne !")


J'ai découvert par hasard dans un festival de danse un autre pur joyau : GUINTCHE, par Marlene Monteiro Freitas. Mille figures, mille masques, dans une prestation hypnotique, sensuelle et monstrueuse. A voir en vrai et de près !


J'ai vu l'expo SEMPÉ, poète de la dérision : un bonheur, comme chacun sait.

J'ai vu LA SAISIE DU MODÈLE, les dessins de Rodin. Plus moderne, plus quintessent, tu meurs.

J'ai vu l'expo BORIS VIAN à la BNF : agréable évocation de l'artiste multi-cartes et multi-talents. Je ne savais pas qu'il avait écrit "Faut rigoler" pour Salvador.


J'ai vu LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE. Halimi et sa bande n'aiment personne. Mais on en apprend encore de belles, entre autres, sur les relations incestueuses entre les grands médias et le monde du pouvoir. Et pour une fois, c'est bourré d'humour et de vivacité.


J'ai vu THE ARTIST. Agréable. Hazanavicius a le sens du cliché. Ça plaît bien aux Etats-uniens, à qui il lèche gentiment les genoux.


J'avais vu FRA ANGELICO à la Pinacothèque : petite expo avec peu de choses, exquises, mais des commentaires à côté de la plaque. S'il faut parler de la singularité d'Angelico, c'est moins de perspective (soi-disant annonciatrice de la Renaissance), que de son sens de la théâtralité. Moi je dis ça, je dis rien.

J'avais vu MINUIT À PARIS, de Woody Allen. Il ne s'est pas foulé. Je préfère quand il cause de Manhattan !


J'ai vu HORS SATAN. Ça y est : Bruno Dumont commence à perdre pied. C'est chiant et creux. N'est pas Pasolini (celui de "Théorème") qui veut.



L'IPHONE, MODE D'EMPLOI


Ça y est, je m'y suis mis, c'est formidable.

Il faut juste ne pas s'en servir pour téléphoner ou envoyer des messages. Ou avoir du temps devant soi lorsque, après avoir fermé la dernière appli qui s'est rouverte, tu as

choisi "clavier" ou "contacts" ou "favoris" ou "appels"… Prévois un quart d'heure pour corriger toutes les erreurs de frappe (car le clavier tactile c'est génial, surtout avec les accents qu'il faut attendre ou les chiffres qui sont sur un autre clavier). Moi je tape toujours la kzrrez s'z ciré !! (la "lettre d'à côté"), même en mode large ! Inréglable. Mes doigts il est vrai sont très musclés.

Je t'en passe et des meilleures : la radio c'est bien, sauf qu'elle passe par internet : qualité médiocre et coupures intempestives !

Pour le reste — internet, courrier ou photo, c'est un gadget marrant. Et vachement dizaïgne.



ET N'OUBLIEZ PAS :


"La proposition apodictique conçoit l'assertorique telle que la définissent les lois même de la connaissance."


Emmanuel Kant