26 juillet 2007

Festival d'Avignon Mode d'emploi


N'oubliez pas vos contrepets (voir Grand jeu de l'été) :
Il vous suffit de les envoyer en commentaires.
Ils n'apparaîtront pas avant la date limite mais j'en ferai mon miel.





En attendant, grappillons courtement vêtus les délices de l'été.


FESTIVAL D'AVIGNON MODE D'EMPLOI

Une cure de Provence délicieuse : déambuler dans les rues festives. Se la jouer cool, attendre la rumeur, surtout, avant de se précipiter à un spectacle du "In", qui fait dans les 25 à 30 euros. Toujours vérifier la durée du pestacle et s'il y a lieu, procéder à une prise de testostérone ou à une transfusion homologue pour tenir les cinq heures (appeler un coureur du Tour de France).

Mais enfin les bars et les restaus sont sympas, la bouffe est plus honnête qu'à Paris et les serveurs plus avenants.
Vous avez dit théâtre ? Ah oui… Mais n'oublions pas les débats de l'après-midi au Cloître St-Louis ou au Gymnase, ou encore les retransmissions de France Culture dans les Jardins du Ceila, au frais, à écouter les soleils de René Char…
Vous avez dit théâtre ? Savez-vous que la piscine de Villeneuve-lès-Avignon et même celles de la Barthelasse sont agréables ? Et j'en connais d'autres encore plus sympa, plus privatives, mais je les garde pour les amis qui me restent.
Théâtre ? Je vous conseille les soirées-buffet des happy few au Potager, celles qui commencent à minuit, surtout quand c'est l'Adami et la Sacd qui organisent : leur traiteur est absolument parfait. Eviter celles du Festival officiel : ce sont des gens qui ne savent pas vivre. Dans les deux cas il y a de jeunes et jolies personnes et quelques artistes. Pour les autres jours, il y a toujours le Bar de nuit du In, que j'ai toujours trouvé sinistre mais qui a ses aficionados. Pour obtenir des invites, heu… flyers, mettez-vous à la colle avec une attachée de presse, un journaliste, Jacques Nerson ou un vrai critique de théâtre.

LE IN
Lorsque, averti par la rumeur, vous aurez soigneusement évité les spectacles de Frédéric Fisbach, artiste associé cette année, vous n'aurez que l'embarras du choix. Mettez un chapeau avec une étiquette "Cherche une place" (découpez l'image ci-dessus). Accrochez une annonce avec votre numéro de portable. Pointez-vous une heure avant et mettez-vous sur la liste d'attente. Buvez un pastis. Vous entrerez (si vous êtes plus de deux, c'est plus compliqué : ventilez-vous ça vous fera des vacances).
C'est ainsi que j'ai pu voir dans la semaine quatre spectacles du In. Et curieusement, le plus intéressant des quatre, c'est le plus pauvre scéniquement ! Comme si, lassé des acrobaties plus ou moins expérimentales de la cuvée "Regardez-moi donc comme je sais produire de la quintessence", nous avions soif d'une cure de simple intelligence…
LE SILENCE DES COMMUNISTES, monté par Jean-Pierre Vincent à partir d'un échange de lettres d'anciens militants du Part Communiste Italien, dissous en 1991. Ont-ils cru au Grand soir ? Quel bilan de leur action ? Comment penser aujourd'hui à gauche les questions liées à la mondialisation et à la disparition de la valeur "travail" comme mode de socialisation ? Comment refuser le repli individualiste ?
Ovation à la fin de la représentation ! Non, pas ovation debout : les amateurs de théâtre n'ont pas encore pris cette crétine manie venue de la télé… Mais un enthousiasme réel : il faut croire que ces questions touchent quelque chose de très présent… Ça vous étonne ?
(Ni chêne ni roseau)

Pour ne pas être tout à fait injuste, évoquons les trois autres pestacles :
NORDEN. Frank Castorf est un génial metteur et ses comédiens sont excellents et pleins d'énergie, mais sa variation sur le Céline de "Nord", à force de montrer le chaos, tombe dedans.
L'ECHANGE. Julie Brochen tente une distanciation et un dispositif scénique à la grecque intéressants mais qui finissent par fonctionner à vide. Du coup le souffle lyrique claudelien apparaît boursouflé.
INSIDEOUT. Sacha Waltz est une grande, et j'ai aimé ce parcours de voyeur-vu sur le moment. Mais fondamentalement, nothing réellement boulerversifiant ni étonnant, outre les poignantes partitions de pure chorégraphie.

LE OFF
Comment s'y retrouver dans les 866 spectacles proposés ?
Première solution : allez tous les voir.
Sinon, fiez-vous aux salles qui d'habitude font déjà pour vous un choix un peu exigeant. J'ai mes adresses, mais vous pouvez aussi choisir plutôt des grosse daubes, il y en a plein place de l'Horloge ou rue Machin-Truc.
Les tracts. Avec un peu de métier, il est toujours possible d'éviter les distributions intempestives.
Je vous conseille "Je l'ai déjà" ou "Je m'en vais tout-à-l'heure" (imparable). Si la fille (ou le mec) est joli(e), un brin de causette ne messied point. Par exemple "Pourquoi monter Le Goût des Autres au théâtre alors que le film est une belle réussite ?"

J'ai découvert un auteur anglais : Lee Hall. Sa CUISINE D'ELVIS est une comédie féroce, sulfureuse et désopilante, jouée ici au ras du texte mais avec une belle efficacité. Grenier de Bourgogne.
Une troupe bien déjantée : Théâtre à cru. Il fallait oser proposer une pièce fondée sur les présentations de saison des théâtres et autres interviews d'acteurs, "JE SUIS…". Vivifiant et bien barré, comme disent les mômes et les bobos informés.
Système Castafiore : ENCYCLOPÉDIE DES TENDANCES SOUTERRAINES. Ouais, rien à dire, ouais, techniquement parfait, drôle souvent, bien tenu, mais heu….
J'oublie EXILÉE SALOMÉE, prose lyriquissime surjouée par une jolie comédienne fatigante, je serais capable de ne pas en dire que du bien. Théâtre de la Tortue.

ET POUR LES PARISIENS

Paris-jazz festival au Parc Floral, lieu magique, se termine le dernier ouikènnde de juillet en beauté (Humair, Marsalis, Valdes, E.S.T.) mais les Quartiers d'été continuent jusqu'au 5 koute. J'y ai vu "Bodies in the urban spaces", je vous montrerai bien des photos mais j'ai pas le droit. Renseignez-vous.
Sinon vous pouvez toujours aller à Paris-plage : une plage sans pouvoir se baigner, c'est quand même vachement excitant, non ?

Votre toujours dévoué quoique estival
Ami dévot



03 juillet 2007

L'aspirant habite Javel : Grand jeu d'été




SOURIEZ, VOUS ÊTES FILMÉ


Je viens d'installer un petit compteur automatique.
A partir de dorénavant, je peux savoir qui vous êtes, quand vous avez le bon goût de visiter La Mie des Veaux : couleur des yeux et des chaussettes, profondeur des bonnets, origine sociale jusqu'à trois générations et préférences culinaires.
On n'arrête pas le progrès. J'en vois un qui ne sourit pas ? Ce sera dit.

GRAND CONCOURS DE CONTREPET

En ce début d'été, je vous propose un grand jeu doté d'UN nombreux prix.

Premier prix : un livre sur cet exercice raffiné qu'est la contrepèterie.
Deuxième prix et suivants : mon admiration sans borne et les félicitations du jury.

L'épreuve : Fabriquer des contrepets sur cette proposition : LA MIE DES VEAUX.

Certains d'entre vous m'ont déjà fait parvenir leurs premières trouvailles.
Mais ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air et beaucoup d'approximation a présidé à leur ponte.
C'est pourquoi je vous propose un petit rappel des règles, en m'inspirant (de mémoire) d'un ouvrage déjà ancien de Luc Etienne, "L'Art du contrepet" (Livre de Poche).

1. UNE PETITE FRITE NAGEAIT DANS SON GRAND BOCK
Le jeu consiste à permuter des SONS de la proposition de manière à donner un nouveau sens aux mots de la tribu.
Exemple faciles et connus : MAMMOUTH ÉCRASE LES PRIX ou TU ME BROUILLES L'ÉCOUTE.
Un simple permutation du son I et du son OU du premier donne : MAMIE ÉCRASE LES PROUTS. Hahaha. Le deuxième exemple est du même tonneau.

2. LA PETITE NONNE AIME LES GRANDS BŒUFS
En principe, il y a toujours un contenu un peu "tabou", coquin.
Pour ce jeu, oubliez cette règle : NOUS PASSERONS SOUS SILENCE (comprenne qui peut).

3. C'est le SON qui compte et non l'orthographe, mais la phrase trouvée doit retomber sur ses pieds : tous les sons d'origine doivent s'y retrouver.
Vous aviez sans doute remarqué que LA MIE DES VEAUX est déjà en soi une contrepèterie pour LA VIE DES MOTS.
L, V, D, M, A, I, Ê (ou É, soyons cool), O (fermé ou ouvert, on n'est décidément pas chien).

4. Envoyez vos réponses soit par les commentaires, en cliquant "Commentaires" (je les garderai pour moi) soit par courriel perso, pour ceux qui me connaissent dans le civil. Vous avez jusqu'au 1er septembre et après, on en fera profiter tout le monde.

5. Comme j'ai de l'avance, il y a un handicap : aucune de vos propositions ne doit se trouver dans le petit poème qui suit.

Bonne ponte !


LA VIE DES MOTS

Ma vie ? Eh ! Dôle :
Maud y lavait
Yves Ohm l'aida
(valet maudit !
— l'homme a des vits
hauts, mais valides)
Oh, l'âme est vide
Vos lits ? dames : ehhh !

Mauve Hallyday,
Vos mi ? des la !
Va, dos limé
L'aide à vomi
(vomi d'Ella)
Là, mis Dave, oh !
Oh, l'âme est vide
Ovide est mal.

Emma vit l'Aude
Homais, Vidal
L'eau vit des mâts
L'eau m'évida
Mado l'est, vide
Molle et diva :
Oh, l'âme est vide
Mauvais Dali.

Oh l'âme est vide
Va, lis : mes dos !
Villa des maux
Là, vis ? Démo !

Ma ville est d'eau
Vélo d'ami
Ma vie d'elle, oh !
L'âme est dive eau.

Lammy Daewo

23 juin 2007

Ni chêne ni roseau



Les journalistes du Nouvel Observateur sont encore bien les seuls à croire qu'ils travaillent dans un journal de gauche.
Remarquez, c'est une question de définition : comme je le dis ici depuis un bout de temps, si tu appelles "gauche moderne" une gauche "réaliste" et "libérale", c'est-à-dire une gauche… de droite, comme le réclament à cor et à cri DSK et Jacques Julliard, pas de problème.
Si tu considères qu'il faut enfin épouser le monde, c'est-à dire se coucher devant les dynamiques en marche, et même jouer au plus malin sur l'appréciation des choses en termes purement comptables (quelle misère…)
T'es moderne. T'es de gauche, mais version moderne.
Les idées ne peuvent décidément pas lutter contre les courants dominants.

Joie ! Joie ! Pleurs de joie !
Nous avons tous baissé nos falzars au grand vent de l'Histoire !
Et aux petits zéphyrs aussi, pas moyen de faire autrement. Nous tous.

Que me reste-t-il ? Le Monde Diplo, avec des articles où on a répondu déjà à la question avant de l'avoir posée, avec Ignacio Ramonet comme attaché de presse d'Hugo Chavez, l'apprenti Castro ? La protestation pétrifiée de LO qui attend encore une révolution à l'ancienne, au lait cru moulé à la louche dans des fûts de chêne ?
Entre l'illusion de la pureté et la soumission girouettale à l'air du temps, y a-t-il un endroit où poser la raison ?
Ni chêne, ni roseau, en quelque sorte…
Je n'ai guère l'humeur légère, par ces temps. En plus, on me supprime mes émissions préférées : Arrêt sur Images, La Bande à Bonnaud et En Aparté. Pour les mêmes raisons évidemment : pas moderne (en tout cas pour celle de Schneidermann. Vous pouvez d'ailleurs encore signer la pétition en cliquant ici :)

http://arret-sur-images.heraut.eu/index.php

Alors je vais faire comme Montaigne, me retirer dans ma tour "librairie",
"où être à soi, où se faire particulièrement la cour", à moins que tel le Misanthrope, je cherche
"sur la terre un endroit écarté
Où d'être homme d'honneur on ait la liberté".

Comme ultime recours, il ne reste que Dada.

La chanson d'un dadaïste qui avait dada au cœur fatiguait trop son moteur qui avait dada au cœur (…) mangez du chocolat lavez votre cerveau dada dada buvez de l'eau. (Tristan Tzara)

Votre morose
Ami dévot.

18 juin 2007

Vie privée, vie publique : Révolution dans mon cerveau









Tout d'abord,

Avis à mes fidèles abonnés :

1. Vous pouvez à tout moment consulter les articles précédents, qui restent en ligne, et attendent avec impatience votre visite gourmande mais exigeante.

2. L'intérêt du blog, c'est aussi vos commentaires.
Ne soyez pas timides : cliquez sur "comments", validez votre pseudo (votre ordi s'en souviendra la prochaine fois), et roule ma poule ! Comme ça, j'aurais moins l'impression de parler tout seul… Pour vous stimuler, j'ai concocté une "Défense et illustration de la presse pipeule" qui devrait vous faire réagir…

Ségo et François sont dans un bateau

D'abord l'annonce en cours de soirée électorale de la séparation entre Ségo et François m'a agacé. Rien à foutre. Et les invités sur le plateau de TF2 m'ont rassuré, qui refusaient d'analyser le "scoop" de Pujadas le neuneu en arguant que la vie privée c'était vraiment pas le moment.
Et puis je n'ai pu m'empêcher de repenser à la tronche de François depuis quelque temps (voir mon blog précédent). Rien à faire : mon préconscient venait perturber ma tranquille assurance… Soudain me sont remontées les interrogations que j'avais dès la première annonce (il y a longtemps déjà) de la candidature de Ségolène. Je me souviens qu'à l'époque, j'avais imaginé que c'était une stratégie du couple au moment où se multipliaient les prétendants. Ça me faisait rigoler comme un gadget.
Vous connaissez la suite.
Je suis de la vieille école, celle qui croit que les idées sont plus importantes que les affres personnelles. Et je ne déteste rien tant que les dégoulinades affectives des magazines "people" qui permettent à Voici de vendre 450 000 exemplaires, ou Match 600 000.
Mais il s'agit d'autre chose ! C'est Freud soi-même qui pointe son nez. Profitons-en avant qu'il n'ait été à son tour éjecté dans les poubelles de l'Histoire des idées !
Avez-vous remarqué — pardonnez mon innocence — que les êtres sont prévisibles ? Qu'un Chevènement, par exemple, a passé sa vie à être le dissident de quelque chose, Sarko à gratter le parquet avec ses dents pour grimper au septième ciel, Lang à être la danseuse démago du pouvoir (il reste dans son camp, lui au moins, en principe), et pour ceux que la politique ennuie : Françoise Hardy, qui commence toujours ses réponses par : non, c'est le contraire. Pour les jeunes : Julien, la nouvelle star, qui nous promet une attitude très dadaïste (lui, il peut changer, il est encore très jeune). Bref : des postures. En vieillissant (vous verrez), c'est plus de postures, c'est des plis ! Et on devient souvent la caricature de soi-même !
Grosso merdo : les penchants personnels (voir : histoires de papa maman, conflits de la petite enfance, histoire familiale depuis deux générations, merci Patrick) suscitent face aux événements un certain type de réactions, ok ? (je trouve ça plutôt cool, de terminer par ok ; je pourrais aussi dire "juste", juste un certain type de réaction, c'est encore plus up-to-date).
Même sans Freud ni Dolto ni Reich ni Jung. C'est du pur bon sens.
N'étant pas sarkozyen, je ne dis pas que nous sommes prédéterminés (libre-arbitre ou prédestination ? voir les œuvres complètes d'Augustin, Luther et Schopenhauer… ou Wikipedia) mais que voilà, on peut difficilement évacuer ce qui nous meut.
Et que donc.
Et que donc, les histoires de fesses, de jalousie, de revanche, de tout ce qu'on appelle "humain" parce que précisément ça ne l'est pas (si l'on croit, comme moi, que ce qui fait notre spécificité est précisément la capacité que nous avons théoriquement de nous en affranchir) continue de compter. Même chez Einstein. Ce qui m'énerve. Que Picasso avait envie d'être Picasso, que De Gaulle se prenait pour La France, Et Dalida pour quelqu'un à aimer.
Revenons à nos éléphants, revenons à tous nos animaux politiques. Sarko a-t-il été élu sur ses idées, ou sur l'image qu'il donnait d'un "winner" franc du collier ? Le "non" au traité européen était-il dû à une froide analyse du dossier ou pour 80 % à l'envie d'exprimer un refus d'un pouvoir fatigué ?
Je suis donc au regret de constater que oui, les histoires de couple entre Ségolène Royal et François Hollande sont importantes. Comme vous, sans doute, j'ai eu vent de moult rumeurs sur la question, je n'en ai rien à faire, j'ai peut-être tort.
Et me voilà en plein questionnement métaphysique (dans ta culotte, c'est le cas de le dire).
La prochaine fois : Cécilia Sarkozy a-t-elle vraiment couché avec le dalaï-lama ?


Ecrivez-moi !
Votre dévoué
Ami dévot

14 juin 2007

En avant vers la modernité !











Mais pourquoi François Hollande fait-il cette tête ?
Mais pourquoi le PS nous a-t-il gratifié pendant la campagne de ce silence assourdissant ?
Une idée folle a traversé mon esprit ramolli par les chaleurs de cette fin de printemps :
ET S'ILS SOUHAITAIENT PERDRE ?
Les raisons qu'on m'a soufflées dans l'oreille droite (celle qui entend moins bien) ne manqueraient pas :
— Il y a des réformes à faire, pas populaires en ce pays, qu'il vaut mieux laisser à la droite…
— Si qu'on perd, ç'aura été la faute à Ségolène (long barrissement de barons)…

Merdalors : la gauche totalise quand même dans les 37 % des votants au premier tour.
La droite (hors extrêmes) 52 %, ce qui devrait lui permettre d'espérer entre 70 et 77 % de députés (Cherchez l'erreur) !

En dehors de tout parti pris, on peut tout de même s'interroger sur la représentativité d'un parlement qui…
(Les droitiers :) — Voui mais faut une vraie majorité qu'elle peut agir !
(Les gauchers :) — Sans débat, on avance comment ? La rue ?
J'avais dit : sans parti pris.

Mes fidèles abonnés à La Mie, amis eux-mêmes, et non point Veaux, pourront utilement jeter un œil sur une astucieuse proposition d'un système de vote qui donnerait une répartition équitable et économique des forces :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=25369

Et pour contribuer encore et toujours à l'irrépressible avancée de la pensée, voici les expressions qui ces temps-ci ont retenu mon attention :

Modernité
Ils n'ont que ce mot à la bouche.
Un des avantages de n'être déjà plus un perdreau de l'année, comme me voilà, consiste à pouvoir m'esclaffer doucement. La modernité a-t-elle jamais protégé de la sottise ou de l'erreur ? Pis encore : la modernité, à moins d'en être l'initiateur, consiste précisément à se glisser dans les pas de l'air du temps (métaphore hardie), c'est-à-dire à ne rien tenter qui ne soit déjà là. Modernité égale conformisme. Exemple : "La gauche moderne". Celle qui est réaliste et prend en compte la Loi du Marché avec un tel zèle qu'on se demande ce qui la différencie de la droite. Disant cela, je ne suis pas moderne, car ces catégories, bien sûr, sont dépassées…

Tous les autres pays le font déjà…
Dans le même ordre d'idées.
Cette expression est plus usitée chez les dextriens. Pisque tous les autres ils le font, alors donc c'est bien. CQFD.
Exemple (les médias d'aujourd'hui en sont friands) : C'est un bon film, car il a fait un million d'entrées.

Promesses
Notre excellent président-qui-tient-ses-promesses m'a déjà cependant légèrement désarçonné :
— Je supprimerai les parachutes dorés ; heu oui mais heu non…
— La dette nationale c'est important ; heu oui mais bon on va attendre…
Dieu merci, il nous reste le forfait sécu et l'augmentation tant attendue de la TVA.

Translation
Force est de constater que cette fois encore, le poisseux vilain chômage continue d'étendre ses doigts velus, en dépit de l'enthousiasmante nouvelle ère qui s'annonce. Rien de nouveau dans la pub, où les traducteurs de slogans pointent maintenant aux Assedic.

Relevé dans des spots télé récents :
FORD : "Feel the difference" (et non la laine)
LEXUS : "The pursuit of perfection" (Plus chic que La Poursuite de la Perfection, qu'on n'aurait pas compris)
PHILIPS : "Sense and simplicity" (sans ses seins, plis cités)
CISCO : "Welcome to the human network" (and my ass, is it chicken ?)

Ne vous cassez pas les urnes : l'été arrive.
Ne nous démobilisons pas.


Votre dévoué
Ami dévot.

28 mai 2007

Ecoute, Petit Homme













Au départ, le photographe, il a voulu grandir le personnage. Alors il l'a pris du dessous, en contre-plongée, et avec un grand angle pour exagérer les perspectives. Manque de pot, les deux drapeaux sont géants et du coup, ça s'annule et Sarko redevient petit. Il aurait fallu placer un Petit Bush, par exemple, à leur place. Non ?

L'expression de son visage est difficile à décrire. Selon l'humeur et le degré de mauvaise foi que vous avez, fidèle mais ironique abonné, choisissez la bulle qui convient le mieux (à placer en haut à droite) :

1. Serein et pénétré jusques au fond de l'âme de l'importance de sa charge :
— "Vous ne serez pas déçu !"

2. Amical mais l'œil sur la ligne bleue de l'avenir :
— "Je suis sympa mais je vois loin"

3. Bon acteur mais intérieurement stressé (la mâchoire est un peu serrée) :
— "Magne-toi, Philippe, on m'attend…"

4. Pour mes abonnés de la gauche-pas-moderne, celle qui ne sait pas se remettre en question et qui reste rétive aux Grand Mouvement de l'Histoire :
— "Je vais vous la mettre bien profond !"
Bien évidemment, je ne m'associe pas à cette grossièreté.

Sa position devant les pavillons est touchante : juste avant, on sent que le photographe lui a dit "Rapprochez-vous un poil des drapeaux, sauf vot' respect, M. le Président-que-j'aime-et que-je-respecte…"
Alors Nicolas, il a dit : "Comme ça ?" en rapprochant ses abdomes de joggeur !

Résultat, comme l'appareil était sur pied, la photo est mal cadrée et il y a maintenant de la place à droite pour placer des bulles de bande dessinée à la con.

Sur un site que j'ai consulté (linternaute.com), il y a un "photographe professionnel" qui explique les "règles de composition" de la photo, la règle des trois tiers etc. A pleurer de rire : les trois tiers verticaux ne tombent sur rien d'important ! En revanche, le trou à droite et la main inutile avec les petits doigts trop courts (moignons ou repliés ?) sont parfaits !

Il est vrai que je n'ai jamais photographié Loana et autres stars.


*A propos d'"Ecoute Petit Homme", un bouquin de Reich de 1945 : je précise que ça n'a aucun rapport. Sauf peut-être qu'il y est question d'ambition.

08 mai 2007

Sacrés Amerloques !
















Sacrés Amerloques ! Comme on a pu se moquer de vous dans les années 50 avec votre "Coca-cola", ce truc "qui puait le médicament" (et le capitalisme) !

Le jazz, pis le rock, par contre, là tout le monde a suivi (sauf ma mère)

Mais franchement, la techno ! la house ! l'électro ! la new wave ! le funk ! (là, je recopie Wikipedia)
Vous voyez ça CHEZ NOUS ?…

Comme on a pu dauber dans les années 80 sur vos infâmes hamburgers!
"En France, ça ne marchera jamais !" (1 370 000 repas par jour chez Macdo fin 2006 - source Macdonald's)

Le pire de tout, alors là le pire de tout, c'est quand vous avez viré votre cuti sur les cigarettes. Bande de nazes ! T'imagines que nous on fume plus dans les troquets ? Ouaf ! Ouaf !
C'était il y a quinze ans, ça.

J'oublie les diverses modes dans la com et l'entreprise avec des mots qu'on comprend même pas :
Base line, packshot, webcam, coaching, consulting, sourcing, benchmarking, brainstorming, e-learning,
etcaetering…

Là, en ce moment, ils remettent juste en cause la théorie de l'Evolution et l'Histoire de l'Homme.

Mais on ne craint rien, nous, parce qu'on vient d'élire un président qu'a rien à voir.

On ne craint rien.



BRAVO L'ARTISTE !

La Mie des Veaux décerne une miche d'honneur spéciale au Petit Nicolas pour son exceptionnel numéro de passe-passe. Il a en effet réussi à convaincre le bon peuple que tout allait enfin changer, puisqu'il était un petit nouveau… Il n'est dans l'équipe gouvernementale que depuis… 2002! Félicitations également aux jeunes recrues bientôt sur vos écrans : Fillon, Borloo, Devèdjian, Juppé… Que du neuf !

BRAVO LES CASSEURS !

Continuez à brûler les poubelles et à péter les vitrines : c'est le meilleur moyen d'obtenir une assemblée "à droite toute" pour les législatives ! Vous seriez engagés pour ça que vous ne feriez pas mieux ! (Mais au fait…?)

28 avril 2007

Mais parlons d'autre chose !


























"Le libéralisme, c'est la liberté"
Charles Beigbeder






PARLONS D'AUTRE CHOSE ?

Pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque, avec ce que je vois, ce que je reçois et ce que je crois, de reparler des érections.
Qu'est-ce que j'ai dit ?

Premièrement, je voudrais vous faire part de ma théorie sur le réchauffement clématite — ma clématite est en avance, à ce propos, mais elle regarde les voisins d'en face, et du coup je la vois de dos.
Le réchauffement est dû au dernier tsunami en Asie, qui a déplacé l'axe terrestre, et depuis, la terre se rapproche du soleil et les astronomes ne se sont encore aperçu de rien. Voilà ma théorie. Et ma clématite y croit, qui regarde l'astre du jour à 149 millions de km.

Ségolène elle avait dit, en janvier, que les Français avaient "ENVIE D'UN DÉSIR d'avenir". Moi, ça m'avait donné envie du désir de rigoler. Mais aujourd'hui je vote pour elle. Alors parlons d'autre chose.

Samedi j'ai traversé tout Paris en vélo et le bois de Vincennes et même la banlieue est, jusqu'à Bry-sur-Marne. Eh bien vous me croirez si vous voulez, mais j'ai vu des flics absolument partout (même au Pont de Bry) alors que le petit homme nerveux n'est pas encore élu ! Qu'est-ce que ce sera !

Mais parlons d'autre chose.

J'ai regardé les résultats du premier tour : dis-moi pour qui tu votes et je te dirais qui tu es ! Sarko il a fait 64 % dans le XVIe arrondissement de Paris, 27,8% dans le XIXe, et 23 % dans le XXe… Question à mon fidèle abonné : est-ce que tu votes pour tes intérêts personnels ou pour ce que tu crois être l'intérêt général, le Bien commun ?

Mais j'avais dit qu'on parlerait d'autre chose.

J'ai récemment visité les Jardins de Giverny, ceux de Claude Monet, que j'avais jusqu'à présent réussi à éviter. Ça m'a fait penser à ces trucs touristiques américains (les pauvres n'ont pas beaucoup d'églises romanes), genre un vieux ranch du XIXe siècle : il n'y a pas grand chose à voir mais c'est annoncé 100 km avant ! Giverny c'est pareil… Joli jardin à l'ancienne, mais bon. Bon. Comme je ne suis pas fétichiste, au nénuphar original, je préfère les interprétations de Monet ! Quant aux reproductions marronnasses des peintures du maître, sachez que pour quelques dollars de plus vous avez tout le musée d'Orsay avec des originaux chatoyants. Par contre et en revanche (c'est beau comme du Ségo, non ?) si vous voulez une cravate "nymphéas" ou un balais à chiotte impressionniste, vous trouverez tout ce qu'il faut à Giverny.

Zut, je SUIS EN TRAIN de parler d'autre chose !
Par exemple de la pub exquise du Crédit Agricole : "Un crédit, hin-hin-hin !" (Un crétin, hi-hi-hi !)
Mais d'où peut donc bien venir tant de créativité ? Mais de l'agence Providence (groupe Havas), bien sûr : une relation changeante, ça vous dure la vie !!!
Une demi-tranche de foie de veau dans l'rognon, m'sieur Pichegru, siou plaît !

Sarko il est content de sa trouvaille et il l'a répétée vingt fois partout : dans une finale de football, il n'y a que les deux premiers qui concourent, et pas le Bayrou qu'est troize… Vous avez vu ? Il compare l'élection présidentielle à du foot ! Misère…

J'ai encore fait mon mauvais caractère, l'autre jour, chez Casino. Tant que les prix de cette enseigne n'auront pas baissé suite à la mise en place de caisses automatiques ; ou encore tant que les caissières n'auront pas été augmentées, je boycotte ! Non mais !

Ah ! Vivement la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne ! (C'est comme ça qu'ils causaient, sur Radio Pékin, et ça me faisait vachement marrer, dans les années soixante et septante, avant que Pékin devienne, — o tempora, o mores !—, Beijing !). Je n'ai jamais eu l'âme maoïste. Surtout avec la nouvelle orthographe.

Mais parlons d'autre chose :

Avez-vous remarqué que le crayon noir résiste mieux aux intempéries que le stylo à plume ?

Je vous aime tous, mais vérifiez bien quand même avant de mettre votre bulletin dans l'enveloppe, dimanche.

Votre dévoué dévôt ami.


Et n'oubliez pas de jeter un œil à
http://www.bigbangblog.net/
de temps à autre.

13 avril 2007

Dernière ligne droite











FAIS-MOI PEUR, QUE JE VOTE BIEN

Je me demandais quand reviendraient les grandes peurs préélectorales et me voilà rassuré. Avant-hier soir, la mine de PPD-Jadas m'a rappelé que nos vaillants journalistes idiovisuels pouvaient retrouver le sourire : faits divers sur toute la ligne. Merci au policier mort sur la Foire du Trône, merci à Al-Qaïda en Algérie, merci à François Baroin, ministre de rechange, qui en remet une couche en déclarant "La France est sous la menace d'attentats terroristes". Autrement dit, "Votez Sarko". Le danger, c'est que les gens peuvent entendre "Votez Le Pen". Ce qui serait une erreur tactique. Cette année, la politique, c'est bien compliqué…

BAYROU : L'EFFET GUIGNOL

Paradoxe.
La marionnette de Bayrou, aux Guignols de Canal, était tellement grotesque (mais drôle) qu'en voyant l'original, je me suis dit il est pas si mal. Je fus donc tenté d'y aller voir de plus près. Et comme j'ai eu l'occasion de le dire ici même, j'ai une certaine tendresse pour les lettrés. Hélàs, son projet ne tient pas debout. Comme on aimerait qu'il ait raison et que les politiques acceptent les bonnes idées, même si elles ne viennent pas de leur camp ! Seulement voilà : la Politique se fonde aussi sur des systèmes de valeur et des objectifs pas forcément compatibles. Même si… Bon. Nous entamerons la discussion plus tard, je suis d'accord avec ce que vous pensez.
Néanmoins, je laisse cet ancien ministre de Raymond Barre (vous avez peut-être oublié Raymond Barre ?) à Vincent Lyndon et François Berléand, tous deux également fort sympathiques…

VOTEZ DUR, VOTEZ MOU, MAIS VOTEZ DANS LE TROU

C'est ce qu'on avait inventé en 68, parodiant une expression populaire qui parlait d'autre chose. En grattant sur les écrans d'aujourd'hui, je m'aperçois que la phrase a fait florès.
Plus que dix jours, vous vous rendez compte ?
Allez ! Pas convaincu par son côté "Famille, Travail, Patrie", je voterai quand même Ségolène. A reculons. Après tout je suis très cohérent, finalement : en 2002 j'avais choisi Taubira (qui a rejoint Royal)…

SPÉCIAL ANNIVERSAIRE

Et comme c'est le premier anniversaire de La Mie des Veaux, fidèles amis, je ne résiste pas à l'envie de distribuer les prix d'excellence…

L'ESCALOPE (DE VEAU) D'OR
Attribuée à EDF pour sa campagne "Faisons un monde sans CO2".
Que vont devenir le Coca-Cola et la photosynthèse?

LE FOIE (DE VEAU) D'ARGENT
Encore EDF avec ce slogan bouleversant :
"L'avenir est un choix de tous les jours" !
Que tu fasses un choix ou pas, comme disait Pierre Dac, l'Avenir, tu l'as devant toi. Sauf si tu te retournes…

LE TRIPOUX DE BRONZE
A José Bové (Canal + le 5 février dernier) :
"JE SUIS LE SEUL PAYSAN DANS LA CAMPAGNE."

LA PAIRE DE CLAQUES BIEN MÉRITÉE
A La Poste qui, après avoir soigneusement désorganisé la distribution normale du courrier, n'hésite pas à proposer aux entreprises un service "Lettre prioritaire" (plus cher, bien entendu) !


EXPERTISE

Je viens de vérifier : d'après les chiffres balancés sur divers sites ouèbiens, près de 8 millions de téléspectateurs regardent "Les Experts", série diffusée depuis avril sur TF 1.
L'autre soir, pour ne pas mourir idiot, j'ai voulu voir de quoi il retournait et je m'en suis fadé deux épisodes. Vous voyez que je ne recule devant rien. Eh bien ! J'ai mesuré la distance qui me sépare de l'époque… Je n'y ai vu qu'une fabrication formatée, au style glacial mais avec effets mélodramatiques très vendeurs… Au total assez ennuyeuse. Et puis un certain malaise m'a saisi sur l'idéologie sous-jacente. Très anglo-saxonne, fondée sur l'idée que quelque part existe une seule vérité, et que les moyens actuels de la science peuvent y accéder. A rapprocher des études plus ou moins sérieuses qui expliquent un peu vite la rencontre amoureuse, ou encore les spécificités sexuelles à coup de régions cervicales, d'hormones etc. Pourtant, ceux qui me connaissent savent que je suis un dangereux rationaliste mécréant.
Dois-je essayer "Les Feux de l'Amour" ?


Pour finir sur une note optimiste…
LA PENSÉE DU JOUR

Entendue il y a quelques mois sur France 2 :
(C'est un centenaire qui parle)
"AVOIR CENT ANS CE N'EST PAS DIFFICILE, TOUT LE MONDE PEUT EN FAIRE AUTANT : IL SUFFIT D'ÊTRE PATIENT !"


Votre dévoué Ame, Idée, Vaux.

01 mars 2007

Mais où j'ai mis ma carte d'électeur ?














HAHAHAHA :
Certains philosophes de gôche ont enfin découvert les vraies raisons de se rallier à Sarko : "Il dénonce le martyr des infirmières bulgares" et "Il est très courtois, très brillant". Spinoza et Eratosthène jugeaient également l'essence de la connaissance et réciproquement sur la hauteur du chapeau et la couleur des yeux, comme on sait. Eh bien ! Nos intellectuels se fient à leur impression et croient ce qu'on leur dit, c'est parfait.
Je parle évidemment de Roger Hanin, Pascal Sevran et Doc Gynéco.
Remarquez, j'en connais bien qui ont voté Chirac en 95 parce qu'il causait de la fracture sociale…

Mais qu'est-ce que j'ai fait de ma carte d'électeur ?

CULTURE :
Il est faux de prétendre que les candidats ne s'expriment pas sur la culture. Par exemple, Nicolas Sarkozy est soutenu par Didier Barbelivien et le poète suisse Johnny Hallyday. Et puis, un homme qui a épousé la femme de Jacques Martin peut-il être indifférent à l'art ?

DU CÔTÉ DE RORO

Roro, il est tenté par Bayrou. J'ai entendu celui-ci à France-Culture dans "La Fabrique de l'Histoire" : c'est un fin lettré et sa pensée est subtile. Cependant, peut-on vraiment croire à la nouvelle cohabitation qu'il nous propose ? On aimerait, mais je ne suis pas un "nouveau philosophe" et je ne suis pas sûr que les systèmes de valeurs entre la gauche (même tiède) et la droite (même sous un masque de velours social) soient interchangeables…

DU CÔTÉ DE JANINE

Janine, elle aime bien Besancenot. Moi aussi, il en faut … Mais vraiment, j'ai quelques petits doutes sur le principe d'une interdiction des licenciements et l'augmentation de tous les salaires de 300 €. Réac, non ? Et pourtant, mon loyer vient encore d'augmenter.
Quant à ma carte électorale…

DU CÔTÉ D'ARMELLE
Armelle, elle pense que la culture, elle vient de Frédéric Nihous. Vous savez qui c'est, au moins ?

DU CÔTÉ DE JUSTIN
Justin, il voudrait voter pour une gauche "réaliste", mais Ségolène lui fout un peu les jetons. Il est vrai qu'il a déjà eu une mère assez castratrice. Cela dit, il n'a pas sauté au plafond d'horreur en lisant les 100 propositions.

LE MIEUX,…
C'est encore de consulter les programmes de chacun. Mais pour ça, il vous faudrait l'internet.
Allez, parlons d'autre chose :







VOYEURISME

Fidèle abonné à La Mie des veaux, je te sais exempt de tout appétit voyeuriste. C'est pourquoi j'ai regardé à ta place. Sur une des chaînes de ma Freebox, il existe en effet un monument de finesse et de culture qui s'appelle : CHOC, L'ÉMISSION. Présentée par un certain Alexandre Devoise, un ex de Canal +. Eh bien ! Je l'ai regardée en entier et je ne suis pas déçu du voyage. Le jeu consiste, comme on y est habitué maintenant, à présenter une suite d'images choc, comme l'écrasement d'un hélicoptère, la chute d'un cascadeur ou l'explosion d'une moto, devant l'incontournable public hystérisé par un animateur qui joue les parfaits crétins avec un talent assez convaincant. Fascinant ! Pris par l'ambiance (et aussi les panneaux d'ordre et aussi le montage), ce sympathique public en arrive à applaudir… une barge qui sombre devant ses yeux ou un coureur qui vient de se viander ! Et la tv trash a encore fait des progrès : il y a des séquences très très rigolotes où visiblement la victime ne s'en est pas seulement sortie avec une entorse ou un bras cassé (ce qui serait déjà très drôle)… si elle s'en est sortie… Pas grave, l'ambiance est bonne et on est là pour se poiler (Ah, vraiment, vous êtes chauds, ce soir !). Et grâce à la caution d'experts (Michel Chevalet, par exemple), on révise le principe d'Archimède. Pédagogique, non ?
Et surtout, j'ai appris des choses essentielles. Exemple : si un boa s'enroule autour de toi, la meilleure chose à faire, c'est de… lui verser de l'eau chaude sur la tête. Bon à savoir, si tu te fais attaquer sur un GR.
Et sais-tu par qui est produite cette merveille ? Une boîte qui s'appelle "In the target". On ne saurait être plus clair.

SUR MON ARDOISE "GOING ON IN ENGLISH" :
La marque "Mir vinegar" ("vinaigre", c'est d'un ringard !)
Les culottes Huggies pour bébé : "Little walkers". Ok, ça marche.
Slogan Saab : "Move your mind". Saabalance.

AU FAIT
Je viens de la retrouver, ma carte électorale. Ça se complique.


Votre dévoué dévôt ami.
Un site que j'aime bien (et où j'interviens parfois) :

http://www.bigbangblog.net/

25 janvier 2007

Y a-t-il un citoyen dans la salle ?











Je sens mon cerveau grignoté de l'intérieur. Ils ont gagné déjà.
Hier soir, l'œil torve et le neurone vagabond, je zappe et tombe sur la consternante émission de Stéphane Bern, "L'Arêne de France". Je sais bien que c'est du divertissement, mais comme on y aborde des sujets graves, on pourrait espérer de temps en temps un ou deux grammes d'honnêteté intellectuelle.
Donc, le sujet de mercredi, c'était : "Les riches ont-ils raison de quitter la France ?". Sujet à débat ! (et à dessication)
Eh bien figurez-vous que, outre deux invités un peu paumés (surtout le député ps Assouline, vraiment très léger), le discours dominant était :

"OUI MONSIEUR, NOUS LES RICHES, C'EST NOUS QUI FAIT LA RICHESSE ET C'EST NOUS QU'EST MALHEUREUX ! C'EST NOUS QU'ON PAYE DES 50 % ET LE POUCE* SANS PARLER DE L'ISF QUI EST UN VRAI SCANDALE ET QUI EST MÊME PAYÉ PAR TROIS PAYSANS DE L'ILE DE RÉ, CE QUI PROUVE BIEN… !!!"

Et de citer des chiffres : ça représente 1380 € d'impôt par jour pour le patron Bidule (ben dis donc : combien qu'il gagne alors lui ?), c'est pas encourageant pour les entrepreneurs ! Et Daniel Hechter, émigré en Suisse, de pleurer sur le sort de ce pauvre Johnny "qui est obligé de travailler" (sic). Le pire, c'est que le représentant du gouvernement lui-même abondait ! Il abondait ! Alors que j'attendais, moi, qu'il me rassurât, qu'il m'éclairât, et qu'enfin sur les mauvais citoyens il jetât son opprobre ! Qu'il rappelât que l'impôt est un devoir de solidarité nationale et qu'il sert à payer l'hôpital, l'école, la route et pire encore !!! (zut, je n'ai plus d'imparfaits du subjonctif)
Il est vrai que même Sarko, qui est prêt à toutes les contorsions, a déclaré qu'il "comprenait" ces fuyards…
Le public lui-même semblait acquis et applaudissait avec enthousiasme cette écœurante et poujadiste logorrhée. Mais ne l'oublions pas, mes amis : l'émission est montée, et il est très facile de lui donner la dominante qu'on veut.
D'ailleurs, au sujet de la capacité de nuisance des grands médias que nous aimons tant, vous avez peut-être vu l'excellent docu-fiction d'Arte la semaine dernière : POISON D'AVRIL, qui relate la spirale infernale des journaux télévisés sur l'INSÉCURITÉ juste avant les élections de 2002 ; c'est à frémir ! On y apprend entre autres que Chirac ne serait pas tout à fait étranger à certaines choses, prêt à tout qu'il était pour éliminer Jospin du premier tour. Quand je pense que j'ai perdu ma voix le lendemain dans les manifs. Et au second tour… dans l'urne ! J'attends avec impatience le sujet de prédilection pour cette année, celui qui fera frémir dans les chaumières (car le Canal St-Martin ou de l'Ourq, c'est mou !)

Mais revenons à nos moutons et à notre moutonnière pensée dominante. Suffit-il de déclarer, comme l'aurait fait Hollande : "Je n'aime pas les riches" ? Où est donc passée la pensée sénestre, si seule la pensée dextre s'exprime, sous couvert de réalisme économique ? Et si peu à peu s'insinue l'anglo-saxonne doxa dans tous les domaines (y compris dans mon caddie et dans l'ascenseur) ? Moi j'aime bien les riches, s'ils paient leurs impôts et m'invitent dans leur villa au bord de la mer. S'ils ne sont pas payés 1 000 fois le salaire de leur caissière et qu'en plus ils me donnent des leçons de civisme. Seront-ils moins créateurs de richesse ?
Johnny, dans sa superbe, a seul tenu le vrai discours sous-jacent : "J'en ai rien à foutre !". Et en attendant le jugement qui le fera peut-être Belge avant de devenir Monégasque (c'est le parcours recommandé nous dit-on), rien qu'avec ce qu'il a gagné cette année (8,7 millions €) il pourra s'envoyer environ 35 000 "röstis" avec deux verres de chasselas, prix suisses, en compagnie de Roger Moore et d'Ursula Andress !!

Ah vraiment, nous vivons une époque incivique, certes, mais savoureuse.


*50 % ET LE POUCE : ABUS DE LANGAGE ?
Tiens au fait, je ne suis pas matheux pour deux ronds, mais je ne vois pas comment on peut atteindre 50 %… même Johnny, jusqu'à cette année, après les abattements successifs de 10 et 20 % (traitements et salaires), et vu le système de calcul successif des tranches d'imposition. J'ai beau faire et refaire les calculs, en comptant large je n'atteins guère que plus ou moins 30 % (des revenus nets). A supposer, même, qu'aucune déduction, aucun quota familial ne s'applique, bien entendu. Et on s'en voudrait d'imaginer que les hauts revenus pensent à utiliser les niches fiscales diverses...
Mais peut-être que je ne suis pas bien informé. Ecrivez-moi.

14 janvier 2007

Le cabas du nouvel an














Bonne année à tous !
J'avais préparé une chronique très drôle et très détaillée sur mes derniers déboires automobiles à Paris, parsemée de saillies ironiques sur le PPT (Plan de Paralysie Totale) de Bertrand. Mais j'avais peur que, vu la qualité de mes fidèles abonnés, ils me soupçonnassent d'atrabilairitude anti-progrès. Je sucre donc.

A la place, j'ai décidé d'évoquer seulement quelques chroniques auxquelles vous avez échappé :

BRAVITUDE
Très typique de l'époque, les cris d'orfraie poussés par les uns et les autres à propos de la déclaration chinoise de Ségolène :
"Comme le disent les Chinois, qui n'est pas venu sur la Grande muraille n'est pas un brave. Qui va sur la Grande muraille conquiert la… bravitude". Ouin ! Alle a fait une faute de français, s'écrient les cuistres soudain réveillés en cerceau ! ("Les linguistes sont partagés" selon Le Parisien !!!) Suis-je trop laxiste ? Je n'y ai vu qu'une petite vanne un peu approximative en connivence avec des êtres normalement dotés d'un minimum de sens de l'humour. Et peut-être aussi pour faire une "petite phrase", de celles dont se délectent les journaleux. Mais n'y revenez pas : c'est bien la première et dernière fois que je défends Ségolène.

FRANCITUDE
En revanche, Galouzeau de Villepin, qui pourtant s'exprime habituellement dans un français irréprochable (et nonobstant aristocratique), s'est bien pris les pieds dans le subjonctif, l'autre dimanche sur Canal +, en déclarant : "Personne ne pensait que ce FUSSE possible". "Que ce fût" eût suffi. N'est-il pas ?

ECONOMITUDE
Aviez-vous remarqué que pour jauger un pays, les grands gentils médias et les grands gentils "experts" de tout poil n'ont plus qu'un seul critère : ses résultats économiques ? C'est un peu comme si, pour faire le bilan de votre vie ou de votre relation amoureuse, vous déclariez :
"Germaine a un PEA de 20 356 €. Avec mon PEL et mon livret A on se situe en cinquième position dans l'escalier A : avec les soldes on devrait s'en sortir, mais la galette des rois a grevé notre budget et on n'a plus de mousseux. Notre couple n'est plus viable. Je la quitte."

TURPITUDES
Enfin je sens de partout refleurir les bons principes : dans la brèche d'un salutaire assainissement généralisé de nos comportements entachés de toutes les turpitudes (alcool, tabac, crottes de chiens, sucres et graisses, 4x4, enfants qui crient, ordures non triées…) s'engouffrent les inquisiteurs congénitaux, ceux qui n'ont pas pu s'exprimer depuis 1968 ! ENFIN ! Ils sont revenus, les Jean Royer, les Maurice Druon, j'en passe et des Finkielkraut ! Vive la Nouvelle Père-Fouettardisation de notre beau pays : il était temps !

LITTÉRATUDE
Je m'étais autorisé ici même à faire une pub d'enfer à Lili-la-Tigresse, le deuxième roman de ce petit génie découvert par hasard et qui s'appelle Alona Kimhi. Je viens de terminer son premier, de roman, dont le titre est "Suzanne la Pleureuse". Pure leçon de littérature, où l'on retrouve les qualités d'humour, d'intelligence et de sensualité de l'auteuse (je me refuse à ces féminins en -re, mais chacun fait ça qu'y veut). Et qui parlera à tous ceux qui ont fréquenté de ces mères tentaculaires et manipulatrices que nous aimons tant. Je n'en connais pas personnellement, évidemment, mais j'en ai entendu parler. Voyage, donc, dans la banlieue moite de Tel-Aviv en compagnie de Suzanne Rabin, pucelle "émotionnellement instable" de 33 ans vivant encore dans les jupes de sa maman… Je n'en dis pas plus, ce serait déflorer !
Plus "réaliste" que Lili, mais aussi goûteux.
Gallimard (en poche Folio ou en normal). 428 pages. Traduction Rosie Pinhas-Delpuech.
Pub gratuite (au fait, Gallimard, si tu m'entends…)

LEROY-MERLIN-ITUDE
A la liste de mes ennemis personnels, avec les banquiers, les bétonneurs et les vendeurs de forfaits, j'ajoute aujourd'hui officiellement les vendeurs de peinture soi-disant "monocouche". Devinez pourquoi ?

INTERLUDE
On ne regarde jamais assez NORMANDIE TV. Parmi les chaînes de votre fournisseur habituel, on trouve cette petite merveille qui me rappelle les délicieux balbutiements des temps anciens, quand vous n'étiez pas nés mais moi, si. L'autre samedi, j'y ai relevé la perle suivante :
"Les températures sont unanimes"…
Rappel : des températures unanimes, ce sont des températures qui ont toutes le même avis.

RASITUDE
Le progrès décidément, s'envole sur le char léger des océans infinis de l'avenir. *
Lorsque, en 1990, Gillette a lancé le rasoir a deux lames, nous étions nombreux à piaffer d'impatience : en-core, en-core !
Je m'étais, je l'avoue, quelque peu détourné de cette problématique, mais en 2007, qu'est-ce que je découvre ? Ils en sont déjà à cinq !
Ne riez pas : on n'est jamais rasé d'assez près. On attend avec impatience la réplique de son concurrent Wilkinson. J'ose à peine l'imaginer que déjà la peau douce de mon visage s'horripile avec délice (et orgue). Rendez-vous en 2027.

* Inutile de commenter cette phrase, vous êtes gentils…

FINITUDE
La prochaine fois : une petite méditation sur les banlieues à propos d'un reportage trouvé sur le site de l'INA. Ne quittez pas l'écoute.

Et n'oubliez pas :
La fusée du futur nage dans les méandres de la modernité.

Votre dévoué
Ami Dévôt

13 décembre 2006

I am proud to speak french










L'ami Werner va encore me traiter de Gaulois chauvin, alors que je ne suis qu'un observateur fécond mais impartial des phénomènes lingouistiks !! Je vous propose un petit jeu, c'est pas compliqué.
De même que le français est né sur le terreau du bas-latin, on voit aujourd'hui se fabriquer une sorte de bilangue (moins "fran-" que "glaise", pour faire un petit clin d'œil à feu l'ami Etiemble) à partir de l'anglo-américain. J'observe, c'est tout. Et je vois nos fils de pub se précipiter dans les bras de la culture dominante comme le bas clergé breton sur la petite vérole au 18e siècle ! Comme disait Philippe Meyer, nous vivons une époque moderne !!! Et qui dit moderne dit étazunien, c'est-à-dire international ("Together" est le cri de référence de… l'Europe, le saviez-vous ? Et ce slogan a été inventé par un Polonais ! Sur vingt langues parlées en Europe, si je compte bien : trois pays parlent français, quatre l'allemand, mais seulement deux l'anglais ! Comment interprétez-vous ça ?)

LE PETIT GUESSING GAME :

Pour chacune des signatures suivantes, que tu as pu voir ces temps derniers dans le métro parisien ou dans l'étrange lucarne sur les chaînes nationales, sauras-tu retrouver la marque associée ?
Il y en a de japonaises, d'espagnoles, d'allemandes, de françaises et de suisses, comme on peut le voir.
Premier prix : un yaourt à l'aspartame.

Ideas for life
Designed for natural living
Life's good
Designed to move you
Store your world in ours
What else ?
Power to the family
We try harder
I love Pringles
Stay alive
The pure energy

Definitely, I love you,
Your Very pious Friend

16 novembre 2006

J'arrete de fumer et je pars au Club Med


















L'ENFANT QUI BRAILLE

J'arrête de fumer, c'est décidé. J'arrête définitivement.
C'est la chose la plus facile au monde : je l'ai déjà fait huit ou neuf fois !
Le problème, c'est qu'avant je savais pourquoi il était bon d'arrêter.
Mais aujourd'hui je n'arrive plus à savoir si c'est pour mon bien-être ou à cause de la pression sociale et de la mode. Maintenant que l'opinion décide pour moi de ce qui ne doit pas dépasser, j'ai presque envie de me remettre à la goldo sans filtre. Je ne peux résister à ressortir cette citation de notre cher Finkielkraut en avril 2002 : "Du bruit sous mes fenêtres, c'est le débordement de l'être, c'est le commencement de la barbarie !" (sic) Même Plantu s'y met. Vous savez, Plantu, le dieu des dessinateurs, qui était chez Taddéi l'autre soir pour défendre la doxa bien pensante : "pas beau, de fumer !". Depuis trente ans, ce garçon n'a encore jamais pensé à apprendre à dessiner mais il donnait des leçons de diplomatie à Arrafat ! C'est dire la pertinence de ses points de vue.
Pas beau de fumer. Pas bien de boire de l'alcool. Dangereux de manger du sucre. Pas bien de manger gras. De critiquer la religion. De ne pas être à genoux devant l'enfant qui braille.
Tiens, voilà : qui protègera ma santé nerveuse de l'enfant qui braille dans les lieux publics ? Y aura-t-il des pièces spéciales réservées à l'enfant qui braille (avec extraction des miasmes) ?
Qui va me protéger de la donzelle qui se pâme d'effroi à la vue d'une cigarette à 200 mètres ?
Qui me protégera des Verts à la mairie de Paris ?
Les jansénistes sont de retour ! Au secours !
Vous voyez : les effets du manque de nicotine se font sentir déjà, et je manque de modération.
Pas beau de fumer. Pas beau de sucer de la glace. Pas beau de respirer. Répétez après moi…

MED ALORS !!!

Pour m'aérer j'ai pris le catalogue du Club Med, où je ne suis jamais allé. Tout émoustillé : Sea, sex and sun and tourism and tout le Saint Frusquin…
Mein Gott ! Jamais vu un truc aussi sinistre. Je parle du catalogue.
Je ne sais pas s'il est représentatif de l'époque, —qu'en aurait dit Barthes ?— mais en plus, un mot m'est venu tout de suite à l'esprit : autisme. Outre que les photos sont toutes assez moches, on y parle de "confort", d"activités", de "décoration", de "luxe", de golf, de bouffe et remise en forme. Le pays d'accueil, il n'existe pas. De fait, le choix du Mexique ou de Marrakech se fait sur le nombre de trous du parcours de golf ou le nombre de bars à disposition !
Pourquoi aller à côté pour pas cher alors qu'on peut aller très loin et payer une fortune ?
J'hésite un peu quand même : s'il faut en plus se farcir les animations débiles qui ont fait la célébrité du Club, je veux bien être sympa, mais je crois que je vais reprendre ma Dauphine et descendre dans une Auberge de Jeunesse. Si si, il paraît qu'ils acceptent les vieux, maintenant.
Pour la route, une citation de l'édito du Pdg, Henri Giscard d'Estaing :
"Nouvelle décoration, espaces réaménagés, OUVERTURE TOUJOURS PLUS GRANDE SUR LA CULTURE LOCALE…" (C'est moi qui souligne). Nous voilà rassurés, ils se sont aperçus qu'il y avait "une culture locale". La route est droite mais la pente est forte et on en chie en pédalo…

28 octobre 2006

Une interview du Petit Nicolas


Le petit Nicolas a le regard vif et le tic fringant. Il répond en général à une question par une question.
La Mie des Veaux :
— Les récentes exactions en banlieue (bus brûlés etc.) vous semblent-elles refléter un échec du ministre de l'Intérieur ?
Le Petit Nicolas :
— Est-ce que vous croyez qu'un président de la République devrait continuer à tolérer l'existence de toutes ces zones de non-droit ?
LMDV :
— Un an après les émeutes, les médias se gargarisent du moindre incident. Ça a commencé la semaine dernière. Au point de titrer aujourd'hui (27/10) selon une dépêche de l'AFP reprenant une déclaration de la police : "Une nuit relativement calme" — pourquoi cette nuit ne devrait-elle pas être calme ? Qui (et pourquoi) a pensé qu'elle pourrait ne pas l'être ? Est-ce de l'info ou de l'impatience ?
LPN :
— Je remercie les médias, qui recommencent le travail de 2002, mais cette fois avec un peu d'avance, ce qui permettra à la mouvance sécuritaire d'être synchrone avec les élections. J'exclue le dernier "Envoyé spécial", qui donnait à croire qu'il n'y avait pas que des malfrats dans les cités.
Je remercie également le calendrier, qui donne une occasion inespérée de réactiver le désir de mouvement.
Je remercie les racailles qui ont bien compris notre intérêt commun : pour eux de passer à la télé, pour moi de continuer mon discours pur et dur.
- Ne pensez-vous pas que ça peut également favoriser M. Le Pen ?
- Est-ce que vous croyez que pour éviter de faire gagner l'extrême-droite ou même Sarkozy on a le droit d'empêcher les jeunes de s'exprimer ?

07 octobre 2006

Nouvelles de la connerie : les grands prix de la rentrée

















Pour fêter les huit mois de la Mie des veaux, nous avons le plaisir de décerner les premiers prix du blog à quelques remarquables saillies de l'univers de la com que nous aimons tant.

CROÛTE D'OR DU SLOGAN LE PLUS INTELLIGENT
Décerné au Crédit agricole et à l'agence Providence, du groupe Havas, pour :

"UNE RELATION DURABLE, ÇA CHANGE LA VIE !"

Sachant que quand ça dure, ça ne change pas et que si ça change, c'est que ça dure pas, saluons la pertinence sémantique du concept !

CROÛTE D'ARGENT DU SLOGAN LE PLUS ORIGINAL
Pour la société Lindt (agence ??) :

"LA PASSION DE LA FINESSE"

Exemple : je suis passionné de légèreté, de sapidité, de trous de serrure. On se passionne pour tout, aujourd'hui, savez-vous.
Il y a une dizaine d'années, déjà, j'avais trouvé plus de 600 signatures déposées à l'INPI avec le mot "passion". On espère que les créatifs auront été récompensés à la hauteur de leur inventivité. Mais on sait qu'en matière de com, ce n'est pas ça qui compte.

MIE D'HONNEUR POUR LE TITRE DE LIVRE LE PLUS TROUANT
Décerné à

"LA GROSSESSE POUR LES NULS" !!!

Prochains opus : "Respirer pour les Nuls", "Mettre un pied devant l'autre pour les Nuls", "Faire caca pour les Nuls".


Allez, rions un peu :
ENTENDU DANS LE MÉTRO
(D'une fille qui n'arrivait pas à enfiler son ticket) :
– Am' casse les couilles, c'te machine !

ENTENDU À LA RADIO
On songe à apposer sur les bouteilles d'alcool un avertissement pour les femmes enceintes.
On n'est jamais assez informé. Je me sens de plus en plus rassuré, dans ce monde de brutes.
Ça me fait penser à l'histoire belge : sur le cul les bouteilles de vin, par prudence, on a inscrit "Ouvrir de l'autre côté" !
Pendant ce temps-là, au supermarché, tu achètes un flacon d'acide chlohydrique qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un flacon… d'eau déminéralisée. C'est vrai que les accidents domestiques, c'est moins médiatique. Ça ne cause que 20 000 morts par an en France.

MON TOUBIB
ressemble à Roland Magdane.
Je n'ai qu'une peur, c'est qu'un jour il me dise : "C'est moi !"

SARKO
n'a pas besoin d'aller faire des ronds de jambe à Bush. La civilisation est déjà parmi nous !
Sans beaucoup chercher, j'ai relevé dans le métro :
"We try harder" (Avis), "Stay alive" (Alfa), "The pure energy" (Audi), "Cabaret, le musical de Broadway live" , "Le Roi soleil, musiciens live" etc.
Et puis à la télé, des paroles en anglais pour Schweppes, Renault, Mercedes, TGV, Blédina, etc. Je n'oublie pas "Open" d'Orange (France Télécom !)
Une mention spéciale pour Nespresso, dont tout le dialogue est en anglais.
"Nespresso : What else ?"

En effet : What else ?

Vive l'Europe !
I love you.

Sincerely,
Your devout friend.

17 septembre 2006

Particules, Agnès, Einstein et Grue cendrée


Photo :
Une fille libre à la Techno-parade,
cet après-midi







PARTICULES TRÈS ÉLÉMENTAIRES
Qu'est-ce qui m'a pris d'aller voir l'adaptation cinématographique des Particules élémentaires ? Le casse-gueule était pourtant assuré ! Je me suis fait avoir par l'Ours d'argent décerné à l'acteur principal (Moritz Bleibtreu) qui en fait pourtant des caisses.
Pendant toute la projection, je me suis demandé si j'avais vraiment lu le livre : tout ce dont j'avais fait mon miel était absent et il ne restait à l'écran qu'un mélodrame sinistre et anecdotique. L'odeur de soufre ? "L'inquiétante étrangeté" ? Le vertige pataphysique ? Aux spectateurs absents !
Et plus que tout : une absence totale d'humour. Mais vraiment totale. Or, si l'on peut aisément évacuer les délires scientifico-métaphysiques de Houellebecq, il est difficile de le déshabiller de cet humour noir et cynique qui fait loupe à nos névroses (littéraire, non ?) !
Je me suis donc replongé dans le livre, et j'ai constaté que l'adaptateur (taisons son nom !) avait picoré ici et là des petits morceaux de récit pour en faire une sorte de téléfilm à la con sur le thème du vieillissement et de la solitude ! En désamorçant bien évidemment tout le piment des choses. Par exemple, Bruno est devenu un grand malade bien repéré par la psychiatrie, et du coup le côté explosif de son discours et de son comportement est désamorcé. Michel, le demi-frère, est simplement devenu un puceau matheux. Et tout à l'avenant. Quant à la pornographie sordide que Houellebecq saupoudre à plaisir entre romantisme et idéal de pureté, évacuée : on ne verra que quelques poils de profil et une bite floue ! Comme quoi la parti-cule elle-même… (je ne pouvais pas la manquer, celle-là, non ?)
S'il faut trouver un peu de positif,… dans ce parcours mélo et caricatural surnagent deux ou trois belles scènes et le jeu subtil de l'actrice brune. Le réalisateur n'a pas dû s'en apercevoir.
Circulez.

L'ILE ET ELLE (MAIS SANS MOI)
J'adore Agnès Varda. Je la tiens pour une des plus grandes réalisatrices de cinématographe qui soient. Mais que vient-elle faire à la Fondation Cartier ? Son expo est fraîche et sympa, mais à ce point de naïveté, franchement digne d'un collier de nouilles pour fête de mères. On n'en a ni pour son argent, ni pour son neurone. Un peu pour sa sentimentalité, allez.

CINQ MILLIARDS D'ANNÉES
Evénement branché où il fallait être vendredi : la crémaillère de Marc-Olivier Wahler, nouveau directeur du Palais de Tokyo, était nous dit-t-on un véritable BE THERE de l'art contemporain ! J'accroche ce mot à ma collection de mots hype, entre FOODING et THINK TANK.
Lancement du programme "5 Milliards d'années", donc, qui est une réflexion sur la notion de programme, "en constant mouvement […], en oscillation permanente". Obsédé comme je le suis par la notion de temps, d'espace-temps (courbe évidemment) et tout le toutim, je ne pouvais rester indifférent à cette proposition. Et il est vrai que les installations proposent d'intéressants délires, entre événements aléatoires et nœuds de Moebius métalliques géants, parcours infinis dans d'infinis couloirs, records de vitesse en moto, bandes magnétiques en suspension, cartes du ciel les veilles de catastrophe, etc. En plus, le champagne était correct et les filles jolies (dans un genre moins conceptuel).

TECHNO-PARADE
Il manquait peut-être la pluie, cette année, à la Techno-parade parisienne. Ça a du me rendre morose. Parce qu'après avoir vu passer les quelques chars miteux pleins de boum-boum, admiré les quinze-vingt ans mimer la parade de la grue cendrée en chaleur, j'ai curieusement ressenti un fort sentiment de vacuité. J'ai pourtant une certaine fascination pour cette musique hypnotique, d'ordinaire. Là, rien. Le seul désir de ces enfants, c'était apparemment un désir de décibels. Du bruit, du bruit : pour remplir quel vide ? Ça promet pour les élections à venir !
Alors j'ai quitté. J'ai bu un verre de Bourgogne aligoté et je suis rentré écouter le Requiem de Mozart (version Harnoncourt). Ça m'a requinqué.
Tu le crois, ça, tu le crois ?

06 septembre 2006

Le libéralisme c'est la liberté



Depuis vendredi j'ai en tête cette phrase émouvante de Charles Beigbeder sur France-Inter : Le libéralisme, c'est… la liberté !

Que répondre à cela ? Qu'y a-t-il de plus beau que la liberté, mes amis ? C'est beau comme du Bush ! (Gloire ! Gloire à lui pour l'éternité !) Et gloire itou au comité exécutif du Medef, dont fait partie Charles Beigbeder (ne me dites pas que vous aviez confondu avec son frère Frédéric, le plaisant histrion du Café de Flore, auteur de "99 F" ??? Non ! Charles est un vrai pdg tout ce qu'il y a de sérieux, en plus président de "CroissancePlus")

La Liberté ! Ne vois-tu point le peuple brisant ses chaînes, l'Homme s'affranchissant du poids des obscurantismes, la statue de Bartholdi la flamme bandée sur son island ????

Eh ! C'est cela, le "libéralisme" ! Si on a changé le nom français du "capitalisme", c'est quand même pas pour les chiens ! Ça vous a une autre gueule, "libéralisme", bande de déclinologues !

J'entends certaines mauvaises langues dire que c'est la liberté de… la gazelle devant le lion, ou celle de la carotte devant le lapin, d'autres citent Henri Lacordaire (1802-1861) :
" Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, c’est la loi qui affranchit. "

Mais on va quand même pas se mettre à philosopher à cette heure-là !

30 août 2006

Les ronds-points bretons


C'est bien simple, on n'a le temps de rien. A peine juillet, en nous faisant suer, nous appelait-il à méditer sur les canicules à venir, Festival d'Avignon, nouvelle piscine sur les bords de la Seine (la pataugeoire à Bertrand), retour dans le midi moins le quart (côtes de Duras), puis dans le Limousin (la limousine a de beaux yeux et de bons rumsteacks), même pas vu passer le mois d'août pourrave, et déjà les cartables !

Je n'ai eu que le temps d'aller vérifier que Quiberon avait vraiment un micro-climat et que la Bretagne avait beaucoup de ronds-points.
Ah les ronds-points bretons !!! Entre Rennes et Quiberon j'en ai compté environ 324 568. Ils ont dû avoir une promo. Et j'ai beau m'interroger depuis cinq jours sur la signification profonde du phénomène, je ne trouve aucune explication vraiment convaincante :

- On pourrait penser que ça facilite la circulation ? A l'usage, je suis catégorique : je me suis trompé trente fois. Tu crois suivre "Pontivy", tu te retrouves sur "E 15" puis sur "toutes directions", puis tu cherches "Rennes" mais tu as oublié qu'il fallait passer par "Ploërmel" alors tu te retrouves à Nantes. A l'heure qu'il est, je ne suis même pas sûr d'être bien arrivé à Paris. Peut-être le Breton veut-il te garder dans ses rets ? Le Breton est pêcheur et facétieux.
- Les maires ou les préfets sont-ils tous copains avec des sociétés de travaux publics ?
- La forme de galette ? de chapeau rond ?
- A moins que la proximité de l'Angleterre, qui aime le rond-point et l'a peut-être inventé, n'influence une fois de plus le décisionnaire celtique ? Encore un sale coup de la mondialisation…

Inutile de vous dire que j'ai tourné en rond.

Ce qui m'a permis de découvrir que commençait à se dessiner doucement, entre mille barbantes crêperies, l'esquisse d'un effort gastronomique dans une des seules régions de France inexplicablement sinistrée de ce point de vue. Quelques jeunes chefs talentueux essaiment de La Baule à Roscoff et j'ai trouvé une belle adresse à La Trinité-sur-Mer. Pas toute récente apparemment, puisqu'elle était déjà dans mon vieux Guide Rouge 2000, mais voilà bon, mes papilles défraîchies par le rhume y ont passé un joli moment. Ça s'appelle l'Azimuth. Le service est aimable, un poil chochotte, mais on y déguste par exemple une "Pressée d'artichaut et lieu jaune, vinaigrette de gingembre et Kari Gosse" suivi d'un "magret de canard aux abricots rôtis, sauce lie de vin, croustillant de lard", le dessert, "Financier Curry, fruits jaunes, sorbet framboise" dans un menu "retour du marché" à 35 €, ce qui n'est pas déraisonnable quand on a bien nagé et qu'on a fait des économies le midi. Bons vins également (on m'a conseillé un Reuilly très sympa). C'est frais, pimpant et inventif.

Comme tu n'as pas trop forcé sur l'alcool, tu peux ensuite reprendre les ronds-points dans le bon sens.

Grosses bises.

18 août 2006

Lily, la jouissive tigresse



Dans la série : faut en faire profiter tout le monde (pub gratuite)…

Je viens de terminer (enfin !) "Lily-la-Tigresse", d' Alona Kimhi. Choc !
Il y a là tout ce que j'aime : un univers glauque et sensuel, une ironie constante, une invention renouvelée dans une écriture savoureuse (traduction Laurence Sendrowicz). Ce serait du Colette trempé dans l'acide, du Virginie Despentes en bien écrit, on pense aussi forcément à Darrieusecq en moins normalien ou à du Houellebecq en moins démonstratif. En même temps ça n'est rien de tout cela, c'est du Kimhi rien d'autre, c'est un univers qu'on est impatient de retrouver le soir sous la couette pour rire jaune. Car c'est pas de la roupie de sansonnet, l'histoire de ces "112 kilogrammes de femme" qui errent dans Tel-Aviv à la recherche de l'amour et d'elle-même, avec pour amies une anorexique battue et une chauffeuse de taxi esseulée. Jusqu'à ce qu'un tigre arrive dans leur vie. "Le tigre est le plus grand des félins. C'est un prédateur situé au sommet de la chaîne alimentaire".

Gallimard a choisi une superbe image pour la couverture. Ce qui n'est pas le cas pour l'édition folio de son premier roman, qui ressemble à un vieux Livre de poche des années 50…
Toutes affaires cessantes, je me précipite quand même sur "Suzy-la-pleureuse" (2001). Vous, vous faites ce que vous voulez.
"Alona Kimhi, née en 1966 en Ukraine, vit aujourd'hui à Tel-Aviv"

17 août 2006

V'là les morpions

Ah tiens, les morpions sont arrivés.
Des indésirables commencent à envoyer sur mon blog des messages de félicitation en anglais. Thank you, les machines !
Désolé, mais du coup je suis obligé de reverrouiller les commentaires. Vous pourrez toujours les publier, mais il faudra montrer patte blanche. Ceux qui me connaissent peuvent toujours m'envoyer directement un courriel.
Grosses bises à mes fidèles lecteurs et vive l'informatique !

28 juillet 2006

Festival d’Avignon : ce que Théâtre veut dire...

Ils sont nombreux, les festivals, à Avignon. Qu’est-ce qui permet de les distinguer ?
Pour schématiser abusivement, prenons les deux extrêmes :

A un bout, t’as les beaufs. Ils sont cons, fringués comme l’as de pique, ils bouffent des frites ordinaires sur les grandes terrasses à touristes et campent à la Barthelasse. Naturellement, ils fréquentent le festival off, et en particulier, les usines à comiques.
A l’autre bout, t’as les bobos. Ils sentent bon, ils ont le t-shirt (noir) bien repassé, ils sortent de l’hôtel de la Mirande, ils tiennent des conversations élevées avec la bouche en cul de poule sur le théâtre contemporain et le petit cairanne de propriété qu’ils ont découvert. Bien sûr, ils ne fréquentent que le «in», qui est le vrai festival. Avec des places à 36 euros (Cour d’honneur).

Extraits de conversation :

François-Xavier : — Vraiment troublant, ce personnage de la petite ouvrière, comme ça, qui est heureuse de travailler, même dans une usine d’armement ! C’est toute la contradiction du monde, on en est tous là, je veux dire. Et le sacrifice de cette mère, qui jette son enfant du 9e étage pour sauver l’entreprise. C’est Médée, c’est la tragédie, je veux dire, enfin, comme ça, enfin. (François-Xavier est de gauche)

Roro :
— On s’est bien marré, hier soir. Oh ! ça casse pas trois pattes à un canard, mais au moins c’est pas prise de tête. Avec Germaine on aime bien le théâtre alors on vient tous les ans. Demain on ira quand même voir Bartabas, il paraît que c’est superbe.

Problème : Bartabas n’est pas dans le «off». Alors ça alimente les commentaires condescendants des happy few éclairés qui parlent de concession au «grand public». Quant à déplacer ces happy few vers le off, inutile d’insister. D’ailleurs ils ne viennent pas à Avignon «in» pour découvrir des créations (dont la plupart seront reprises à Paris), mais pour être les premiers à les avoir vues.

Entre le pur bidochon et le pur bobo il y a naturellement toute la gamme, de l’amateur exigeant qui a cassé sa tirelire pour découvrir de grandes choses, au journaliste spécialisé, un peu blasé, qui cherche vainement du qui-décoiffe (y en a qui vont se reconnaître), en passant par l’habitant qui se régale de voir sa ville sortir de son ordinaire torpeur ; comme toujours, l’enseignant, qui constitue un important pourcentage du public de théâtre ; le journaliste local, un peu dépassé, qui recopie le dossier de presse. Et Jacques Nerson.

Que de théâtres !

Quant à moi, dès que j’ai un moment, je vous parlerai de ce que j’ai vu (dans le in et dans le off : je n’ai jamais réussi à me positionner, entre Roro et François-Xavier)

Vive l’été !

13 juillet 2006

L'Affaire du Coup de boule : Où est l'Homme ?

Je crains d'avoir été mal compris lors de ma dernière chronique ("J'ai trop les nerfs"), citant avec ironie le geste de Zidane et le commentaire de Nanar.
Scandalisé par le coup de boule qui ressemblait à un suicide en direct, j'ai d'abord considéré qu'à ce niveau de professionnalisme, il était tout bonnement impardonnable.
Et puis, comme tout le monde, j'en ai appris les circonstances, la provocation inacceptable de Matterazzi (qui d'ailleurs semble assez rompu à ce genre d'exercice, mais il n'est pas le seul nous dit-on). Or, les paroles peuvent tuer… Sur un court de tennis, ça ne serait sans doute pas passé inaperçu mais là, avec tout ce monde qui fait rien qu'à crier,… pas entendu pas pris !
Et puis quand même vraiment Zizou est un mec sympa, et ses explications ce soir sur Canal + étaient intelligentes et pondérées. Quand on tient un génie du foutchebôl, on prend le bonhomme avec.
C'est humain, donc. Comme dit Nanar : "une réaction d'homme".
Ah oui ?
"Nique ta mère" ou "Ta soeur est une pute", on entend ça dans une cour de récré. Si tu réponds à ce genre de provoc naze, c'est vraiment que tu joues toi aussi dans la cour de récré. "Une réaction de gamin" ?
Un "psy du sport" (qui en profitait pour essayer de placer ses stages anti-stress) proposait sur iTélé de travailler sur "l'intelligence émotionnelle" des sportifs.
C'est pas si sommaire que ça en a l'air. On est étonné qu'à ce niveau nos joueurs soient encore dupes de ce genre de provoc à la gomme ! D'un côté comme de l'autre d'ailleurs — c'est tout aussi crétin du côté du provocateur…
C'est peut-être parce que ce sont de grands artistes, et à ce titre entiers, engagés, réactifs…
C'est plus seulement la vidéo qu'il va falloir sur les stades de foutchebôl (j'adore cette prononciation !), c'est des micros spéciaux, des canons à son !

Où est l'Homme ?

12 juillet 2006

J’ai trop les nerfs

Enfin ! Enfin les sommets sur le Service Privé ! Je regarde «L’Ile de la Tentation» et je ne peux réprimer mon enthousiasme. Voilà quatre couples de jeunes gens à fort potentiel médiamétrique sommés de se tromper les uns les autres avec le gratin des défilés de mode pour camping quatre étoiles. Ils sont beaux, elles sont belles, elles et ils vont souffrir, c’est beau comme de l’antique. Trop fort. Extraits :
«Il va le payer c’est sûr». «C’est la nuit de tous les dangers». «J’ai trop les nerfs». «Nous les filles on se soutient alors que eux ils bavent sur les filles».
Ah on est loin de la vulgarité du coup de boule zidanesque : ce qui se joue ici, c’est la subtile alchimie cornélienne du devoir contre le désir, avec le destin au-dessus suspendu sous les traits de l’animatrice aux cheveux tirés, la représentante du Grand Tout téèffien qui dit : «J’ai une mauvaise nouvelle pour vous…»
Ach ! To be jaloux or not ! Resisting at the tentation or not ! Entre nous ce serait dommage qu’il ne se passât point d’émoustillantes rencontres. J’ai peur. Leurs larmes sont déjà si belles, dès le premier épisode. Que sera-ce au douzième ? Déjà, Bataille et Fontaine, Cauet, nous avaient entraînés sur des cimes, j’en passe des Michaël Young et des meilleurs, jusqu’où iront-ils ?
Leur aventure est un exemple pour la jeunesse : l’Emotion pure, la Beauté des corps, la Spontanéité si touchante, allez, foin des pisse-triste qui vous parlent de perversité malsaine, de masochisme débile, de bidonnage voyeuriste ! Vive le sain ressentiment, la salvatrice hargne, le coup de boule viril, le coup de griffe irrépressible ! Après tout ils ont vingt ans ! Vive Bouygues !
Avant-hier, JP Pernot a interviewé Lorie sur la finale. Et Nanar Tapie qui connaît la vie nous a expliqué que le pétage de plomb de Zidane, c’était une «réaction d’homme». Que demande le peuple (enfin : celui qui boit du Coca-Cola) ?

La vie est belle.

01 juillet 2006

Cher service public

L'autr' jour je vas sur le site de France 3. J'me dis "Chouette, y a un test de QI, un test de culture générale, bonne idée, quiens, j'vas m'amuser. Alors je clique. Pis j'm'aperçois qu'c'est payant. 3,99 ou 6,99 c'est selon. Mince, que j'me dis, j'ai pas cliqué sur un site commercial ! France télévisions rachète des animateurs à prix d'or, fait une rente de situation à des producteurs comme Delarue et a pas les moyens de proposer un p'tit quiz sympa à ses usagers (pardon : clients) ???????"
J'écris un courriel protestatoire et je vais sur la Foire Aux Questions (Frequently Asked Questions), et là que lis-je ?

"Certains utilisateurs s'insurgent effectivement contre le fait que nos tests interactifs soient payants. La valeur ajoutée de ce service est réelle : le contenu est pertinent car il a été réalisé par des professionels dans les disciplines concernées […] Ce tarif fait suite à une étude de marché réalisée par l'agence eConseils auprès de 1765 répondants en juin 2001. "

"Valeur ajoutée"… "Pertinent".… "Etude de marché"… Oh lala, ils causent comme ces cadres d'une grande entreprise que j'ai animés récemment. Ça sent l'école de commerce, ça sent la logique comptab'e, ça exhale un joyeux parfum de modernité, c'est-à-dire de libéralisme, nouveau nom du capitalisme et de la philosophie marchande. J'suis pas crypto-marxiste, mais bon, comme dit Roro, mon copain du Café du commerce, France-télévision, c'est nous qu'on la paye (avec les impôts et les produits qu'on achète qui financent la publicité, je parle même pas de la redevance).
– Consommateur-payeur, il dit, Roro. Maintenant qu'il faut raquer pour avoir la bonne école, la bonne clinique, maintenant que selon l'endroit oùsque t'habites tu vas payer l'eau plus ou moins cher, qu'on pense à faire payer les routes nationales, on n'est plus dans une logique d'égalité ou de solidarité, qu'il dit, Roro, on est dans un monde mondialisé de "Plusque t'en as, plusque t'en as."
Il exagère, Roro, non ?
Moi je trouve qu'on vit une époque formidable.

P.S. : Comme j'ai pas encore fait une "étude de marché" pour évaluer la "pertinence" de la "valeur ajoutée" de mon blog, il est encore gratuit. Profitez-en. Faites-en profiter vos amis.

Prochainement sur votre écran

O lala le temps passe

A peine le temps de me retourner depuis mon dernier commentaire, mince, on ne parle déjà plus de Clearstream, ni du CPE, ni de la grippe aviaire. Mon blog a pris un sacré coup de vieux, le temps passe vraiment de plus en plus vite !

Et comme j'ai fait d'autres choses et que j'ai eu quelques soucis informatiques, je n'ai même pas pu parler de la privatisation du monde, de la tendance cul, de l'expo Godard que j'avais vu parmi les premiers, ni du Palazzo Grazzi…

Prochainement sur votre écran !

09 mai 2006

Clearstream et Watergate : du Courant Limpide à la Porte des Ouatères…

















Je ne sais pas vous, mais moi, je n'arrive pas vraiment à m'intéresser à l'"Affaire Clearstruc". C'est pourtant pas faute d'avoir lu et vu des tas d'enquêtes et de commentaires sur le sujet. Que les politiques ne ratent pas une occasion de se dézinguer entre amis, ça existe depuis Ramsès II au moins !
Et si au fond de tout cela il y avait un vrai scandale, délit, crime : même pas ! C'est les journalistes eux-mêmes qui le reconnaissent.
En revanche, je vois nos chères marionnettes médiatiques s'agiter comme des mouches autour d'une fiente de pigeon avec le sentiment orgueilleux d'avoir déniché le Watergate du XXIe siècle.
L'affaire du Watergate, en 1972, c'est ce qui a permis à la presse américaine de réaffirmer sa puissance face aux pouvoirs en place. Tiens tiens…
L'excellent Franz-Olivier Giesbert s'y réfère dans son édito du Point. Et trouve que ce qu'a fait De Villepin, ça ne se fait pas (je l'ai vu ce soir sur FR 2). Il est clair qu'en matière d'éthique, F.-O.G., transfuge du Nouvel Observateur au… Figaro puis au Point, éditeur du best-seller où il révèle les confidences off de Chirac, peut se vanter d'être un exemple ! Ne me faites surtout pas dire qu'il roule pour Nicolas. Non : il est simplement las de cette fin de règne lamentable de Chichinou, comme vous et moi…
Lui et ses collègues, qui partagent chaque jour la blanquette avec les hommes politiques (ce que je ne critique d'ailleurs pas, contrairement à Serge Halimi, qui vit parfois sur la planète Mars en dépit de certaines bonnes analyses) savent pourtant ce que c'est, justement, un animal politique. Le goût du pouvoir est malheureusement consubstantiel à l'esprit guerrier. Machiavélique parfois. Stratégique au minimum. Il me semble même qu'il a des dents qui rayent le parquet, non ? Un équipement également nécessaire à un journaliste qui voudrait devenir, je ne sais pas, The directeur d'un Grand journal…
On peut le regretter, et imaginer par exemple que le pouvoir politique serait tenu par des équipes avec des idées fortes et non des Figures avec des petites phrases et un joli bagout… Ça éviterait à certains d'avoir à pousser des cris de jeune vierge effarouchée en s'apercevant que papa a baisé avec maman, mais ça retirerait du pain de la bouche à nos fins pisseurs de copie.
Dieu merci, cette affaire Clearstream (Courant Limpide) permet une fois encore à notre cher Parti socialiste d'exprimer son projet puissant pour 2007 en criant Pouah ! Caca ! J'aime ce programme. Voilà ce que nous attendions. Vivement Ségolène. C'est elle qui avait fait interdire le défilé de lingerie aux Galeries Lafayette en 97 ou 98 . Elle avait dit Pouah ! Caca ! (Gros progrès du féminisme.)
Je suis fier d'être de gauche.

A propos de Chantal Thomas, qui présentait sa collection dans les vitrines des Galeries sans savoir qu'elle rabaissait les femmes au rang d'objet de désir des hommes (Pouah, etc.), j'ai vu une petite merveille à l'Opéra Garnier. Ne le loupez pas si ça passe par chez vous : Platée, de Rameau, revu par Laurent Pelly, direction Marc Minkowski : le petit Jésus en culotte de velours ! En dépit d'une chorégraphie amusante au début mais qui finit par faire un peu patronnage, vous en ressortirez sur un petit nuage. C'est tip top, comme disent les Belges. Très astucieux décors de Chantal Thomas, justement.
Et, fait rarissime, les costumes un peu années 60 sont à dominante… verte. Ça ne vous dit rien ? Vert, au théâtre, c'est comme "corde" ou "ficelle"… C'est comme "lapin" sur un bateau ! Ordinairement c'est tabou ! Même au Centre Américain de Bercy, (devenu Cinémathèque), l'architecte Pol Gerry s'était vu refuser une salle de spectacle teintée de vert à cause des antédiluviennes superstitions de nos chers artistes français !
C'est pas beau, la vie ?

Votre cher ami dévôt.