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7 MILLIONS DE PAUVRES EN FRANCELorsque Pujadas a annoncé l'autre soir au journal qu'il y avait 7 millions de pauvres en France, je me suis dit qu'il jouait avec nos nerfs et que le lendemain ce serait la révolution (ou tout au moins cent personnes devant l'Elysée). Qu'un pays riche comme le nôtre puisse accepter cette situation, c'est énorme. Mais le lendemain matin, j'étais tout seul dans la rue. A part les vélib', bien entendu.
TF1 ET LES ECRANS GÉANTSTF1, chaîne du peuple, a interdit à certaines villes (notamment Clermont-Ferrand) d'installer des écrans géants pour la retransmission du rugby, sous prétexte que Médiamétrie ne saurait pas, dans ce cas, enregistrer valablement le nombre de téléspectateurs effectivement devant leur poste et prêts à acheter du Coca-cola. D'où manque à gagner en pubs.
Ou bien TF1 est très con, ce que je ne saurais penser une seule seconde ;
Ou bien c'est Médiamétrie qui n'est pas vraiment au point, mais ce sont des scientifiques, cela me trouerait ;
Ou bien, comme disait Reiser, nous vivons vraiment une époque formidable…
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Aux dernières nouvelles, c'est la faute à la Fédération internationale.
PLAN C :
CRITIQUE DE CEUX QU'ON AIMERAIT SOUTENIRLe Plan B tape sur tout ce qui bougeOn ne peut pas me reprocher de ne pas être ici-même un critique virulent du système médiatique ! Avec, qui plus est, un mauvais esprit patent !
Or donc, quel est ce malaise qui me prend tout soudain en lisant le journal que j'ai dans les mains, et que j'aimerais aimer ? Un truc qui a tout pour plaire : de l'humour, de la férocité, et qui critique les médias ? Ça s'appelle "
LE PLAN B" et je l'ai acheté sur un marché, samedi, à de guillerets jeunes gens, avant d'acheter mon andouillette fumée.
Ceux qui écoutent Mermet ou fréquentaient le BigBangBlog en auront entendu parler. On y dénonce la collusion des journalistes avec les pouvoirs politique et économique. Parfait. Donc, à longueur de page, détails sur les acoquinements et la complaisance de chacun avec chacun : Georges-Marc Benamou (ancien directeur de Globe) avec Mitterrand puis Sarkozy : pas mal, je suis. Ensuite, la faconde décidément polyvalente cet été de Laurent Joffrin, nouveau directeur de Libé, ça va, je suis. Seulement ça n'arrête pas ! Tous les bébés sont jetés à tour de rôle avec toutes les eaux du bain journalistique ! Je relève dans le désordre : Philippe Val, Bernard Maris (Charlie Hebdo), Télérama, Les Inrocks, Alexandre Adler, BHL évidemment, Plenel, Colombani, Vandel, Amar, Schneidermann, et bien sûr tous ceux que nous avons l'habitude de brocarder (curieusement, un peu moins quand même, comme si la cause était déjà entendue : rien sur PPDA, par exemple).
Vomi des lasLe pire, c'est cette phraséologie un peu nauséeuse qui ressemble au style de Radio-Pékin au moment de la "Grande Révolution Culturelle Prolétarienne". Exemples :
"Le futurologue rachitique Alexandre Adler", "Lévy [et] son boy Benamou…", "[Le] directeur mégalomane du Figaro", "Marc Kravetz, ancien cheffaillon de Libération", "l'historien pétainiste Henri Amouroux", "l'essayiste graphomane Philippe Corcuff", "un cortège de bourricots de Sciences-Po", "le comique spinoziste Philippe Val", etc.
Ça me rajeunit :
"les valets du grand capital", "le journaliste sioniste Machin", "les suppôts du pouvoir"… avec un peu plus d'humour, j'en conviens.
De par ma chandelle verte : Ubu est parmi nous !!Le problème, c'est qu'une fois tout le monde jeté dans la trappe à Nobles du Père Ubu, on se demande ce qu'on va faire. Le Père Ubu avait une réponse : "Alors, je tuerai tout le monde… et je m'en irai !" (Acte III, sc. 4) Que voilà un beau programme… Et que voilà une façon de prendre en compte la complexité du monde et des rapports humains !
Amenez le premier Noble et passez-moi le crochet à Nobles. Ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe, ils tomberont dans les sous-sols du Pince-Porc et de la Chambre-à-Sous, où on les décervèlera.Car il y a derrière tout cela, en creux, une touchante mais angélique
illusion de pureté : celle de la liberté de pensée hors de toute contingence, de toute influence, le rêve de l'indépendance absolue. Or, comme le dit le sociologue Philippe Corcuff, qui est leur ennemi préféré (cité un nombre considérable de fois dans le numéro d'octobre-novembre, ce qui prouve qu'il les agace vraiment),
"Avec la notion de « totalité » ou de « système », on avait l’impression de « maîtriser » : maîtriser l’amont dans la critique du « système capitaliste » et maîtriser l’aval avec la perspective d’une société « réunifiée et transparente à elle-même » (« socialiste », « communiste » ou « anarchiste »). Aujourd’hui, alors que les référents positifs de l’avenir ont été brouillés, ne reste plus, nostalgiquement, que l’amont avec la critique du « système »." De plus, le non-dit de ces critiques purs et durs, j'ai fait mon enquête, c'est qu'en filigrane, on a droit au
package — j'ai passé quelques heures à tirer les fils, à partir du nom de tous les protagonistes du
PLAN B relevés dans "l'ours" du journal. Quel package ? Pas difficile à déduire, quand on voit le nom de Serge Halimi.
A mon tour, je me suis amusé à chercher leurs copinages et leurs sphères d'influence. La plupart sont des journalistes et de respectables diplômés de l'université influencés par la pensée bourdieusienne, lorsque Bourdieu, las de penser trop finement, avait décidé de reprendre son bâton de militant radical et… sommaire (on n'est pas obligé d'être d'accord).
Donc , Serge Halimi > Monde diplo > Acrimed > Attac > Là-bas si j'y suis > Islam et laïcité > Pierre Carles, etc. Tout un univers.
Amusons-nous à utiliser les techniques littéraires de ces critiques irréprochables et drôles :
"Gilles Balbastre, grouillot ouvriériste de Bourdieu, Pierre Rimbert, cofondateur autosatisfait de PLPL, le prédécesseur du Plan B, et sacristain de Pierre Carles, l'inventeur de la sainteté médiatique (son film "Pas vu pas pris" est un exemple d'honnêteté intellectuelle !) et les sept nains, dont Antoine Schwartz, trouveur en Sciences politiques à Paris X, Mathias Reymond, co-agitateur illuminé avec Denis Perais d'Acrimed,…" Etc. Je rigole. Dans le forfait, il faut aussi prendre :
— Le soutien inconditionnel à José Bové ;
— La critique de l'intervention de 1999 au Kosovo ;
— L'option "Non" à la constitution européenne ;
— La haine de Charlie-Hebdo, Les Inrocks, Le Monde, Libé, Télérama,
Le N'Obs*, j'en passe et des meilleurs, qui sont les collaborateurs objectifs du grand capital sans espoir de rédemption.
— Beaucoup d'et caeteras.
J'oublie sans doute le soutien à Hugo Chavez.
Hou ! Ça fait beaucoup à la fois. Et ça ressemble légèrement à une pensée un peu totalitaire. Qu'on ne se méprenne pas : J'écoute Mermet avec beaucoup de plaisir, je ne supporte pas les journaux télévisés de TF1 et TF2, je ne me fais aucune illusion sur les rapports entre journalistes et pouvoirs et
LE PLAN B m'a appris beaucoup de choses sur les coulisses des médias. Mais sans doute ne suis-je pas assez idéaliste, car je ne crois pas à la pureté absolue des idées, indépendante de toute contingence. Et je crois même, — mon Dieu je vais être lapidé —, qu'il est possible de lutter à l'intérieur même du système. Saint Bourdieu, pardonne-moi !
Pour en savoir plus, allez voir vous-même sur leur site :
http://www.leplanb.org/page.php?rubrique=accueilEt la critique qu'en fait leur ennemi juré (il parle de PLPL, mais ce sont les mêmes) :
http://www.passant-ordinaire.com/revue/36-272.asp______
* A propos du N'Obs : 800 g la semaine dernière, dont 500 g de pub ! Je me désabonne.Votre ami dévot